Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Éco-conception et recyclabilité
5 novembre 2004

Jean-Pierre Barranger, directeur du département producteurs d’Éco-Emballages, animait hier une séance d’information à destination des entreprises locales sur le thème de l’éco-conception et la recyclabilité.
Il aura fallu 4 années pour que l’ensemble de notre territoire soit pourvu des outils du tri sélectif. Une opération beaucoup plus rapide qu’aux Antilles ou en Métropole. Bien que commencer à trier nos déchets soit une excellente attitude à adopter, Jean-Pierre Barranger, directeur du département producteurs d’Éco-Emballages, rappelle qu’il faudra des années pour trier mieux et plus. Il s’agit bien là d’un changement de comportement à adopter et d’une amélioration constante des filières à apporter. Le cas de La Réunion reste sur ce point particulier, car elle ne possède pas de filière de recyclage et doit envoyer ses collectes en Afrique du Sud, en Inde et au Vietnam.
Selon l’étude de l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) réalisée en Métropole, le point vert (voir notre encadré) financerait la moitié des coûts de collecte et de tri. L’autre partie est assumée par les contribuables au travers de la taxe d’ordure ménagère, qui n’est pas proportionnelle au poids des ordures produites mais au lieu d’habitation. Une autre étrangeté, pour Jean-Pierre Barranger. Ce service rendu aux fabricants doit se répercuter sur le prix des produits, cependant le calcul des taux et marges reste complexe et l’on ne peut estimer qu’elle est le bénéfice pour le consommateur.
À La Réunion, l’essentiel des entreprises a adhéré à Éco-Emballages. Celles qui n’ont pas le Point vert ne participent donc pas à l’effort collectif et certains distributeurs se dérogent même à la loi en ne se préoccupant aucunement du recyclage de leur emballage. "Des irresponsables", selon le directeur de la société, qui méritent d’être montrés du doigt et qui au vu du prochain barème de recyclage seront astreints à des sanctions financières lourdes.
Trier fait appel à la responsabilité de chacun d’entre nous et est une question de sensibilisation à la protection de son environnement. "On hérite pas la terre de nos parents, on l’emprunte à nos enfants", disait justement Saint-Exupéry. C’est donc ceux qui mettent les produits sur le marché et ceux qui les achètent qui sont concernés.
Jean-Pierre Barranger a longuement développé hier, aux entreprises locales, la question de la recyclabilité. L’objectif est de les sensibiliser aux problèmes rencontrés sur certains produits “mono matériau” lors du recyclage, par rapport aux produits “multi matériau”, dont les différents éléments peuvent être recyclés séparément sans difficulté. "On ne peut pas recycler le plastique et l’acier en même temps", et c’est en amont qu’il faut réfléchir et produire en conséquence. Cette anticipation permet d’amoindrir les coûts.
Et là où le directeur d’Éco-Emballage parle d’interactivité entre consommateur et entreprise, c’est que l’industriel qui allégera un emballage, type boite de conserve ou pot de yaourt, devra tenir compte de la consommation du produit, pour que sa démarche soit vraiment efficiente. Il faut agir par l’étude, prendre en compte une multitude de facteurs liés à l’évolution de la composition des ménages, des comportements des consommateurs..., mais aussi définir le gisement des emballages ménagers. Une étude locale de l’ADEME, reprenant quelques critères utilisés pour la Métropole, serait d’ailleurs une bonne base d’action utile aux entreprises et aux institutionnels.
La directive européenne de 1994 fait de la prévention une priorité, et ce n’est qu’après qu’intervient le curatif. Il incombe au consommateur de suivre les consignes de tri délivrées par sa mairie et de veiller à faire un tri efficace, pour ne pas jeter "an foutan", sinon c’est inutile. La France a un objectif de recyclage à atteindre et La Réunion doit concourir au respect de cet objectif. Dès août 2005, le droit français rendra obligatoire le tri des produits électriques, électroniques et de l’électroménager. La Réunion n’a pas d’incinérateur. Elle doit dès maintenant se préparer à ne plus jeter ces objets lourds dans les fonds de ravines ou autres. Se débarrasser, s’est embarrasser La Réunion toute entière.
Estéfany
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