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17 mars 2010
Quand j’avais 14 ans, j’ai vendu mon vélo, un demi course. J’aime mieux vous dire que ça coûtait bonbon.
J’ai vendu mon vélo pour acheter deux disques, celui de Deep Purple “Made in Japan” et l’autre de Jean Ferrat chantant Aragon.
Après, j’ai écrit mes premiers poèmes en essayant d’égaler les grands, mais sans jamais les atteindre.
Après, j’ai continué à écrire, toujours pour dénoncer l’injustice, pour louer l’amour, pour dire ce que je pense et pour le partager avec tous ceux qui, d’une façon comme une autre, ont envie de changer le monde, de le rendre meilleur, de dire que l’être libre n’est pas celui qui est sans attache, mais celui qui domine sa condition et prend ses responsabilités ;
Que le peuple réunionnais est peuple et que sa langue, notre langue pouvait tout nous permettre tout particulièrement de dire que nous étions libres, que la musique est universelle et que la nôtre pouvait conquérir le monde…
Après, j’ai écrit des chansons et d’autres les ont chantées…
Tout cela n’aurait pas pu se faire sans Jean Ferrat, sans ce disque et sans mon vélo !
Puissiez-vous vendre vos vélos pour tenter d’atteindre l’inaccessible…
Bernard Payet
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