La crise de l’eau à La Réunion favorisée par des décennies de sous-investissement
11 juillet, parDerrière les fuites dans les réseaux, des choix politiques
Lundi à 20 heures 15 sur Télé Réunion
19 décembre 2005

Le 20 décembre de chaque année, Firmin Viry, sa troupe familiale et ses invités, célèbre la fête Cafres, chez lui à la Ligne Paradis, située sur la commune de Saint Pierre, au cours d’un grand Kabar, devenu une institution dans notre île. Firmin Viry est reconnu à La Réunion comme l’homme qui a fait renaître le maloya. La toute première fois qu’il est monté sur scène c’était en 1959 à l’ancien cinéma ’Rio’ à Saint Denis pour le congrès du PCR. Son premier 45 tours fut également un des premiers sortis sur l’île et s’était vendu à 4 500 exemplaires.
Mardi soir, Télé Réunion pour fêter l’anniversaire de l’abolition de l’esclavage a mis les petits plats dans les grands en nous offrant ce grand Kabar. Firmin Viry est devenu la mémoire du maloya, il a sorti cette musique du fénoir. Les longues mélopées, toutes en réalisme sont nées dans les cœurs des esclaves de l’île Bourbon, qui après des journées harassantes sous le fouet du maître, la nuit venue, chantaient leur souffrance, accompagnés de rouler et de Kayamb.
Ce soir autour d’un feu bois, Firmin Viry va faire renaître cette musique comme il le fit jadis, lors des réunions du PCR , mais cette fois ce ne sera pas en missouk. Partout où l’esclavage a sévi, les Africains déportés ont chanté leur douleur et ont donné au monde une musique universelle pleine de spleen. Tout comme le Blues, le Maloya est né du désespoir et de la souffrance de ces déracinés, mais contrairement à la musique qui vit le jour sur les rives du Mississipi, la musique des esclaves de l’île Bourbon est rythmée par des tambours qui font s’entrechoquer les mots.
Si je devais comparer le Maloya à une autre musique, paradoxalement, ce n’est pas vers le blues que je me tournerai, mais plutôt vers le fado portugais ; comme lui, le maloya sait tirer parti de l’histoire et de l’émotion, on sent monter les larmes de l’interprète, elles viennent du fin fond des ses tripes mais jamais elles ne jaillissent des yeux, les larmes ne sont perceptibles que parce qu’on sait qu’elles sont là, elles transpirent dans l’interprétation.
Je sais que je vais faire bondir quelques puristes, mais pour moi, le Maloya ou le Fado c’est l’émotion pure, ni le blues ni même le jazz ne peuvent me hérisser le poil comme ces musiques, ce sont les musiques de l’âme, celles des Dieux.
Ph. T.
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