Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Semaine du Développement durable
2 avril 2008, par

Une des conditions du développement durable est l’anticipation. C’est la seule façon d’amortir les conséquences des bouleversements provoqués par l’accroissement démographique, de la mondialisation et des changements climatiques.
L’expérience rappelle qu’il ne peut pas y avoir de développement durable si on agit au coup par coup, sans anticipation. Car sommée rapidement de s’adapter aux changements, une société est contrainte d’agir dans l’urgence. Cela rend les décisions beaucoup plus coûteuses.
Or, le début du 21ème siècle est marqué par la convergence de grands bouleversements. C’est tout d’abord l’accroissement démographique. Par exemple, La Réunion va voir sa population passer à 1 million d’habitants. Et le nombre de travailleurs va augmenter de près de 50% en un peu plus de 2 décennies : de 300.000 à 440.000.
C’est ensuite la mondialisation libérale. Sous la Direction de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), se met progressivement en place un grand marché mondial unique. Ce qui modifie radicalement les rapports que La Réunion entretient avec le monde.
Ce sont enfin les changements climatiques. Phénomènes inéluctables, ils entraînent d’importantes conséquences. Pour La Réunion, cela signifie des cyclones plus fréquents et plus intenses notamment.
Ces différents phénomènes obligent à faire de la prospective. Car l’anticipation est essentielle. Il faut d’ores et déjà réfléchir aux conséquences que vont provoquer les changements liés à la démographie, à la mondialisation et aux changements climatiques.
Il suffit d’aller à Maurice pour se rendre compte de l’importance de cette démarche. Puisque la mondialisation libérale va totalement changer la donne dans le domaine du sucre, Maurice entreprend depuis plusieurs années une réforme structurelle afin d’anticiper sur cette conséquence.
Car si un pays n’anticipe pas, il est au pied du mur et doit de toute façon prendre des décisions. Prises dans l’urgence, leur coût est élevé. Dans l’Histoire récente de La Réunion, plusieurs exemples sont là pour rappeler cette réalité. C’est par exemple l’intégration de l’économie réunionnaise à la France, puis au Marché commun. Des mesures anticipatrices n’ont pas été prises afin d’adapter notre économie à cette situation nouvelle. Résultat : des milliers d’emplois ont été supprimés.
Or, aujourd’hui, les échéances sont connues, et les données sont claires. Pour que le développement durable soit une réalité, il faudra créer d’ici 20 ans 240.000 emplois, et construire au moins 6.000 logements sociaux par an. Car si l’échéance du million d’habitants n’est pas préparée, il sera alors trop tard pour amortir le choc. Plus que jamais, l’anticipation est nécessaire.
Manuel Marchal
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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