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Lutte contre le SIDA
27 août 2008, par

L’Association Réunionnaise pour le Prévention du SIDA tire la sonnette d’alarme. Après 20 ans de prévention au plus près de la population, sur le terrain, l’ARPS risque de mettre la clé sous la porte. Et pour cause, l’association est privée de 40% de la subvention attribuée cette année par l’Etat. Mais l’association est bien décidée à se battre pour survivre. Une pétition circule pour demander de rétablir le budget de l’ARPS.
Seules trois associations agissent aujourd’hui contre le SIDA à La Réunion : l’ARPS, RIVE et Sidaventure. L’ARPS (Association Réunionnaise pour la Prévention du SIDA) est la plus ancienne. Elle fête ses 20 ans cette année. Combien de personnes a-t-elle informé sur le VIH ? Combien d’infection a-t-elle évité ? On ne peut évidemment pas chiffrer les résultats comme on le ferait pour une entreprise, mais personne ne conteste le travail mené en termes de prévention dans les manifestations culturelles, auprès des scolaires, des associations, des organismes de formation, des prostitué(e)s... Mais aussi les actions de prévention des grossesses précoces non désirées, d’information sur les risques liés à la sexualité. Et pourtant, l’association a eu la surprise cette année de se voir attribuer un budget à la baisse. Le Groupement Régional de Santé Publique, dirigé par le préfet, et regroupant les institutionnels locaux et nationaux de la santé publique (DRASS, CGSS, etc...), décide de l’attribution des subventions depuis 2007. L’ARPS se retrouve cette année avec 40% de subvention en moins. Premier public à en pâtir : les prostitué(e)s car un tiers de l’activité de l’association leur est dédié, pour « écouter, informer, orienter les personnes en situation d’exclusion et de précarité ». Mais pour la DRASS, les actions de l’ARPS ne permettent pas de sortir les personnes de la prostitution.
Plus de financement, plus de préservatifs
A cette coupe sombre dans le budget de l’association s’ajoute une réduction de la dotation en préservatifs : 25.000 en moins cette année. « Ces mesures prises sans aucune concertation ne se justifient pas sur le plan épidémiologique. Les conséquences sont immédiates : arrêt de la distribution de préservatifs aux prostitués, diminution des préservatifs mis à disposition à l’accueil, arrêt de l’impression de nos brochures de prévention pourtant fort appréciées, non remplacement du poste de responsable administratif vacant depuis 3 mois, annulation des formations des salariés... D’autres mesures drastiques d’économie et des licenciements s’annoncent déjà. L’association ne pourra survivre à une telle baisse des financements même en faisant des économies. Et dire que l’inspection réalisée par la DRASS fin 2007 ne relevait aucun dysfonctionnement, aucune faute de gestion et que le service rendu auprès de la population était reconnu... », relève le docteur Alain Domercq, président de l’ARPS, dans le numéro spécial d’information de l’association.
La lutte contre le SIDA : une grande cause de l’Etat
Certes, le Groupement Régional de Santé Publique n’est pas seul à financer l’association. La Région finance l’emploi des salariés en Contrat d’Avenir et la participation au congrès de l’Océan Indien sur le SIDA, et le Département, la Mairie de Saint-Denis aident également l’ARPS. Mais le financement des collectivités publiques ne représente que 15% environ du budget de l’association, qui ne compte que 150 adhérents. La lutte contre le SIDA est de toute façon une grande cause nationale, dont la responsabilité revient à l’Etat. La récente conférence internationale sur le SIDA, qui s’est déroulée à Mexico, a pourtant rappelé la nécessité de maintenir et de développer les actions de prévention. En 2006, il y avait 621 cas d’infection au VIH SIDA à La Réunion. Pour l’association, « la stabilisation des nouveaux cas de SIDA depuis dix ans à La Réunion montre l’efficacité des politiques mises en place par l’ARPS malgré un environnement régional très défavorable. La Réunion reste relativement épargnée par le VIH SIDA et les IST, et cela justifie pleinement de maintenir les investissements ».
Edith Poulbassia
Contact ARPS : 0262-21-88-77, www.arps-info.com
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