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Journée de formation des agriculteurs

L’eau d’irrigation, du captage à la parcelle

23 juin 2011 Sophie PERIABE

Hier, une dizaine d’agriculteurs a participé à la journée de formation organisée par la Chambre d’agriculture en collaboration avec la SAPHIR. L’occasion de les sensibiliser sur le coût d’exploitation de l’eau ainsi que sur la nécessité d’optimiser la gestion en eau sur leurs parcelles.




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<p>La formation des agriculteurs a débuté sur une visite au captage du Bras de Cilaos. Cette installation peut capter jusqu'à 2.000 litres d'eau par seconde.
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La formation des agriculteurs a débuté sur une visite au captage du Bras de Cilaos. Cette installation peut capter jusqu’à 2.000 litres d’eau par seconde. (photos Toniox)

La problématique de l’eau préoccupe tous les acteurs du secteur agricole et particulièrement les agriculteurs. Coupures, hausse du prix, c’est pour tenter de répondre à ces questions que la Chambre d’agriculture et la SAPHIR ont organisé une journée de formation à destination des agriculteurs.
Ces derniers ont pu suivre le parcours de l’eau, de son captage en rivière à sa distribution à la parcelle. Ils se sont déplacés successivement sur les principaux ouvrages tels que le captage (Bras de Cilaos), le réservoir (Gol les Hauts) et la station de pompage (Dassy). La SAPHIR a présenté l’ensemble des contraintes et difficultés auxquelles elle est confrontée lors de l’exploitation, notamment celles relatives aux coupures d’eau.
Pour Frédéric Aure, chargé de mission eau à la Chambre d’agriculture, « il faut que l’agriculteur connaisse le parcours de l’eau dans son ensemble ».

« Pratiquer un prix qui colle à la réalité économique »

Aujourd’hui, un agriculteur achète un mètre cube d’eau 7,6 centimes à la SAPHIR. Parallèlement, une parcelle d’un hectare a besoin de 12.000 mètres cubes d’eau par an. Une facture parfois salée que certains agriculteurs ont du mal à comprendre, mais qui est tout à fait justifiée, soutient le directeur général de la SAPHIR, Bernard Fontaine.
« Pendant 20 ans, le prix de l’eau n’a pas bougé. Le Département et la SAPHIR souhaitaient aider au maximum le développement agricole de l’île, indique ce dernier. En 2009, nous avons frôlé la catastrophe à cause de cela ». 2009 a été une année noire, « nous avons perdu 2 millions d’euros », en décembre le prix de l’eau a alors augmenté de 20% pour remettre la société à flot. Un plan de redressement a été adopté afin de combler le passif et retrouver un équilibre.
Même si l’agriculteur a vu sa facture augmenter depuis 2009, l’eau de la SAPHIR reste moins chère que l’eau distribuée par la CISE aux agriculteurs de l’ouest (8,1 centimes/mètre cube).
« Et si nous faisons faillite, l’eau coûterait aux agriculteurs 20 fois plus cher, d’où la nécessité de maintenir l’outil et pour cela pratiquer un prix qui colle à la réalité économique ».
Actuellement, la SAPHIR est toujours en déficit mais affiche un résultat net de 300.000 euros en 2010. « Nous voulons reconstituer nos capitaux propres pour arriver à un équilibre en 2012 », soutient Bernard Fontaine. Enfin, le directeur de la SAPHIR affirme que « pour avoir une gestion globale de l’eau et surtout un prix unique, il faut un opérateur global », la SAPHIR.

Mieux gérer l’eau dans les exploitations agricoles

Au programme également de la journée, la visite d’une parcelle et des principaux équipements d’irrigation. L’objectif était de sensibiliser l’agriculteur à une bonne gestion de l’eau. Et cela passe par un bon dimensionnement de l’installation, des apports en eau et en intrants justes et raisonnés, etc.
Pour mener à bien tout projet d’irrigation, les agriculteurs peuvent compter sur les techniciens de la Chambre d’agriculture qui leur permettra d’obtenir la meilleure offre tout en s’assurant de l’application stricte des règles hydrauliques.
Les équipements, réalisés dans un cadre réglementaire, peuvent bénéficier d’une aide financière du Département et de l’Europe à hauteur de 50% des investissements.
Le parcours de l’eau du captage à la parcelle n’a plus de secret pour ces agriculteurs qui sont repartis satisfaits de cette journée. Pour Lilian Hoarau, planteur de cannes à Saint-Pierre, ce type de journée de formation doit être renouvelé car « on apprend beaucoup de choses. Maintenant nous savons ce que nous payons et comment mieux gérer l’eau ».

 SP 

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