L’épargne populaire en perdition

4 mai 2009

A La Réunion comme en métropole, quand la population veut mettre de l’argent de côté pour faire face aux aléas de la vie, elle ouvre un compte à la Caisse d’Epargne. C’est simple et çà rapporte des intérêts.
Le montant de ceux-ci dépend du niveau de l’inflation (hausse des prix), mais le rendement est toujours au minimum de 1,5% au dessus de ce niveau.
A compter du 1er mai, le Gouvernement a baissé de 2,5% à 1,75% le taux du livret A. C’est le plus bas, historiquement, depuis sa création en 1818.
Ce sont les petites gens qui sont frappées : sur les 46 millions d’épargnants, 70% ont moins de 750 euros sur le compte. C’est révélateur d’une idéologie que le Gouvernement qui a créé le bouclier fiscal pour les plus riches soit celui qui instaure cet étiage pour le rendement de l’épargne des plus pauvres !
En France métropolitaine, on proteste avec raison contre cette baisse du pouvoir d’achat de l’épargne populaire. En effet, dans le même temps, le gouvernement atténue la charge de l’Impôt sur la Fortune (ISF) et les banques continuent à avoir des taux élevés qui ne bougent pas sur les prêts ou les découverts.
Le Gouvernement justifie sa mesure par la faiblesse de l’inflation, a savoir + 0,3% de hausse des prix entre mars 2008 et mars 2009. A-t-il pensé à La Réunion ? Ici la hausse des prix sur un an a été de +2,8%. Avec un Livret A à 1,75%, l’épargnant réunionnais perd de l’argent. En métropole, on dénonce la baisse du pouvoir d’achat du petit épargnant. A La Réunion, il est carrément spolié.
Le Gouvernement doit tenir compte de cette différence de hausse de l’inflation entre La Réunion et la Métropole et ajuster les taux du Livret A en conséquence. On le fait bien pour les taux bancaires plus élevés ici parfois de 2 points par rapport à la métropole.
Il en sera de même au 1er juillet pour le SMIC, réévalué lui aussi en fonction de l’inflation.

Wilfrid Bertile


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Témoignages - 82e année


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