L’inespéré

4 novembre 2008

Il faut le dire... même si on assiste impuissant à la marche d’un monde où la morale ou peut-être même la logique et le bon sens ne sont plus de mise, sont passées de mode. Parce qu’il n’ y a pas de logique et encore moins de morale dans la distribution de centaines de milliards d’euros et de dollars pour tenter de corriger les fautes commises par quelques-uns. Alors que le dixième de ces sommes pourrait servir à nourrir un milliard d’hommes pendant un an et plus. Qu’un dixième de ces sommes pourrait éradiquer ou juste aider à lutter plus sérieusement contre la pauvreté.
Même si Monsieur Fillon qualifie de propos de café du commerce, l’énoncé de cette égalité de traitement qui saute aux yeux de tous : quand les pauvres demandent, on planque le magot, quand la finance et les banques vont mal on sort les milliards de derrière les fagots.
Même si l’on peut encore s’asseoir et pleurer en constatant que L’ ONU qui a été incapable d’empêcher les Etats-Unis d’envahir L’Irak, se contente encore aujourd’hui de patrouiller aux frontières du Congo et du Rwanda en imposant aux populations le spectacle d’une force spectatrice de leurs malheurs. Et on pleure, on enrage encore en réalisant qu’il nous faut nous poser la question : une force présente mais qui n’intervient pas, n’est ce pas de fait une force complice ? Ce qui par ricochets fait de nous tous des complices.
Même si tout cela et bien plus existe. Il reste encore de l’espoir, des raisons de rêver, de proposer et d’agir pour que cela un jour aussi puisse changer. Bien sûr il y aura des désillusions puisqu’il y a trop de toutes sortes d’espoirs. Mais nous avons vu de notre vivant cette chose inconcevable, il y a peu encore. Nous avons vu le monde suspendu dans l’attente du dénouement du destin d’un noir. Si tôt après tant de sang, de larmes et de sueurs. Alors que tant d’autres comme lui attendent encore d’être entendus. Qu’il perde ou qu’il gagne, une fois élu, qu’il nous réjouisse ou qu’il nous déçoive. Le monde dans une grande majorité attend, souhaite l’avènement d’un noir au poste "d’homme le plus puissant du monde".
On peut donc encore rêver, penser, proposer et agir pour changer les choses, pour tout changer. Puisque de notre vivant nous avons vécu l’inespéré.

Armel Bataille


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Témoignages - 82e année


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