L’ombre de Papon

10 septembre 2007

Le salon de Lyon en 1991 fut lié pour La Réunion à un évènement littéraire, la publication de la réédition de Marie Biguesse Amacaty de Guy Douyère emprunt d’humour, de bonhomie et de cette douceur créole qui interpella Jean Lods et Raymond Barre.
Ce dernier nous fit un accueil très chaleureux à l’époque où les collectivités avaient une politique engagée pour la promotion et le rayonnement des œuvres littéraires. Un homme sympathique, simple, éminemment élégant et qui conservait une nostalgie pour le pays de son enfance.
Hélas dans toute œuvre des ombres parfois se distillent sur des parcours brillants. Par devoir impérieux, Maurice Papon n’aurait-il pas dû refuser cet outrage barbare et criminel que fut la déportation des juifs, tsiganes ou autres résistants vers les camps de la mort ?
Certains faits de l’histoire ne sont pas des détails, mais des monstruosités. Je convie nos compatriotes de passage en métropole à visiter à côté de notre Dame de Paris (direction est), le mémorium consacré à la déportation, il y règne une atmosphère étrange, lourde et terriblement présente. Il s’y dégage un frisson d’horreur, de penser que tout cela a pu ne serait ce qu’être imaginé dans un cerveau d’homme. Des résistants aussi connurent la mort dans ces camps atroces. Comme ce fut le cas pour Danielle Casanova, héroïne de la Résistance, une des plus grandes dames de France du XXème siècle à qui est dédicacé le premier tome de Dames Créoles.
Plus proche de nous, Jean Joly aussi fut déporté, mais rescapé. N’oublions pas Jean Moulin ou Fred Scamaroni qui furent torturés par les nazis ou les chemises noires comme des bêtes. Hélas la barbarie prend de multi facettes, il suffit de comparer à une frontière d’intervalle avec d’autres pays de l’union européenne, le délabrement de l’ex union soviétique, aujourd’hui Russie qui a connu les honneurs du Goulag ou de voir comment notre première République a pu massacrer dans le pays de Loire ou de Vendée, autant de victimes innocentes (Robespierre était un fou sanguinaire) ou d’évoquer le massacre d’Hiroshima (une simple bombe lancée par les États-Unis d’Amérique) ou de découvrir la folie meurtrières des Khmers rouges de Pol Pot au Cambodge, pour s’interroger sur le sens de l’histoire et l’intérêt des grandes puissances à essayer de briser le monde au mépris de l’humanité.
Raymond Barre, homme de bien, a forgé les esprits sur l’économie française. Son nom mérite une place dans les écoles de commerce de La Réunion ou à un amphithéâtre dédié à la macro économie. Mais les paroles résonnent et pour l’Université de La Réunion qui a vocation pluridisciplinaire notamment celle des Lettres et de l’Histoire, cette nomination... reste délicate.

Christian Vittori


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus