Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
19 juillet 2008

Le tribunal de l’État de Floride a ordonné à la mi-juin la libération sous caution d’un certain Luis Posada Carriles accusé d’avoir fait exploser un avion civil en vol et organisé une campagne d’attentats, causant la mort de plus de 70 personnes. Une telle décision dans les Etats-Unis où, six ans après les attentats du World Trade Center la « guerre contre le terrorisme » a parfois des allures de culte religieux, paraît à peine croyable. Elle est pourtant vraie. Et même, ni le ministre de la Justice Alberto Gonzales, ni celui de la Sécurité intérieure, Michael Chertoff n’ont fait appel du jugement.
Posada, bien qu’il soit accusé de méthodes et d’un palmarès qui corresponde à la définition d’un terroriste, n’en est toutefois pas un pour Washington : c’est en effet un cubain anti-castriste militant et un ancien agent de la CIA. C’est donc un "combattant de la liberté", à ne pas confondre avec un djihadiste.
Vague d’attentats à Cuba
Et pourtant : Posada est accusé d’avoir organisé l’attentat à la bombe contre un avion cubain assurant la liaison entre le Venezuela et Cuba qui a explosé en vol au dessus de la Barbade en octobre 1976, tuant les 73 personnes qui se trouvaient à bord.
L’organisation de recherche National Security Archives a rendu public en mai 2005 plusieurs rapports de la CIA et du FBI démontrant les liens de ces institutions avec l’auteur de l’attentat. Posada Carriles a lui-même admis avoir organisé en 1997 une vague d’attentats contre les hôtels et boîtes de nuit de Cuba afin de décourager le tourisme de plus en plus important pour le développement économique de l’île. Un Italien avait été tué.
Entrée illégale aux Etats-Unis
Dans l’intervalle, Posada avait "travaillé" au Salvador et au Guatemala aux côtés des groupes proaméricains type "escadron de la mort". Et c’est en 2000 qu’il avait été arrêté -et vite relâché- au Panama pour avoir tenté d’organiser l’assassinat de Fidel Castro à l’occasion d’une visite officielle dans le pays. Appréhendé en 2005 pour entrée illégale aux Etats-Unis, il attendait que la justice américaine se prononce sur les demandes d’extradition présentées par le Venezuela et Cuba.
Elle a préféré le libérer.
Bernard Estrade
Courrier des lecteurs
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