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Trois ans après les premières discussions d’un nouveau projet pour l’Outre-mer

La crise de confiance s’accentue à La Réunion

31 mars 2010 Manuel MARCHAL

Lorsqu’en 2007, Nicolas Sarkozy est élu président de la République, il est très minoritaire à La Réunion où 60% des électeurs ont voté contre lui. Trois ans plus tard, cette crise de confiance n’a toujours pas été résolue malgré toutes les discussions et décisions qui sont l’application de son projet pour l’Outre-mer. La crise de confiance s’est même amplifiée avec la crise économique et les premières déclarations du nouveau président de la Région.

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Lors de son élection à la présidence de la République, le candidat de l’UMP est largement battu à La Réunion. Au second tour de scrutin, il recueille à peine 40% des suffrages. Cela montre l’ampleur de la crise de confiance entre le nouveau chef de l’État et La Réunion.
À son arrivée à l’Élysée, Nicolas Sarkozy lance alors deux grands chantiers : le Grenelle de l’Environnement et l’application du projet présidentiel pour l’Outre-mer. Cette application passe par un nouveau texte de loi qui doit marquer une rupture avec la loi-programme votée en 2002. La concertation avec les parlementaires et des représentants du monde économique s’ouvre en novembre 2007.
Mais force est de constater que le chantier traîne, et que les différents éléments du projet de loi en cours d’élaboration font état d’une loi-programme en moins bien. Ce sont les points de vue des professionnels, notamment dans le domaine du BTP, un secteur clé. Le projet remet en effet en cause la défiscalisation sans ne rien proposer d’équivalent dans l’immédiat.

Le coût de décisions politiques

Ce climat n’était pas propice à restaurer la confiance, cette dernière sera encore davantage entamée lorsqu’au lendemain des municipales, plusieurs élus ont choisi d’annuler ou d’arrêter des grands chantiers chargés de faire la soudure entre la fin des travaux de la Route des Tamarins et le début de ceux du Tram-train. La perte de la rocade, du Pôle océan, du Zénith et de plusieurs autres projets ont provoqué un manque à gagner de plusieurs centaines de millions d’euros pour le BTP. À cela se sont ajoutées les inquiétudes des investisseurs potentiels quant à l’avenir de la défiscalisation. De plus de 10.000, la production de logements a chuté de 70%.
Ce recul de l’économie a été amplifié par l’impact de la crise financière sur les banques, des succursales de grands groupes implantés en Europe. La crise de confiance s’est transformée en crise sociale au début de l’année 2009 à La Réunion et dans tout l’Outre-mer. Cette accélération a amené le gouvernement à lancer rapidement la concertation des États généraux de l’Outre-mer alors que la loi d’orientation pour le développement de l’Outre-mer était votée en urgence.

De 40 à 45%

Ces deux initiatives n’ont pas permis de rétablir la confiance entre le gouvernement et l’Outre-mer. Aux Régionales 2010 à La Réunion, la liste UMP a fait à peine un peu mieux que Nicolas Sarkozy trois ans plus tôt. Créditée de 45%, son score a confirmé que la majorité de la population se reconnaît dans un projet alternatif à celui du pouvoir central. Sans le maintien du PS au second tour, l’UMP n’avait aucune chance de l’emporter, d’autant plus que son chef de file n’avait cessé de proclamer tout au long de la campagne son intention de supprimer les grands projets.
Le résultat du 21 mars tombe alors comme un coup de massue, et les premières déclarations du nouveau président de Région le vendredi suivant confirment que les chantiers de la relance sont remis en cause. La crise de confiance s’amplifie ce qui risque de faire fuir les investisseurs et donc les emplois. Car la veille de l’élection de Didier Robert à la présidence de la Région, le vice-président de la Banque européenne d’investissement était à Dijon pour finaliser le financement du tramway de Dijon. À Dijon, les pouvoirs publics sont prêts à mettre 450 millions d’euros sur la table pour construire 18 kilomètres de voies ferrées. Et là-bas, il ne viendrait à l’idée de personne de remettre en cause ce projet, surtout en pleine crise économique.

Manuel Marchal

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