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14.000 familles en attente d’un logement en Guyane
6 août 2009
En Guyane, environ 14.000 familles attendent un logement social. Autant dire que la crise que connaît le principal bailleur social du pays est inquiétante. La menace de liquidation de la SA HLM de Guyane est réelle.
Le 25 janvier dernier, alors que commençait la crise sociale aux Antilles, le secrétaire d’État à l’Outre-mer participait à une réunion téléphonique avec le préfet de Guyane. Il était question de la situation de SA HLM de Guyane, principal bailleur social de la région qui accueille le port spatial européen. La conclusion est qu’il faut 85 millions d’euros pour renflouer les caisses de cet organisme. Sur ces 85 millions, Yves Jégo demandait « 30 millions à l’Union d’économie sociale pour le logement (UESL), sous forme de subvention. Cet organisme paritaire gère l’ensemble des fonds du 1% logement et, à ce titre, peut investir dans les HLM. Mais, dans ce cas, l’UESL refuse tout net », écrivait "l’Express" le 12 février. « Nous ne mettrons pas l’argent des entreprises dans un puits sans fond, c’est-à-dire sans garantie d’un véritable plan de redressement. Nos conditions sont claires : il faut qu’un vrai actionnaire assure enfin la gestion de cette société HLM », indiquait à cette date Jérôme Bédier, président de l’UESL. À l’époque, il estimait que la moitié des locataires ne payait pas de loyer.
L’actionnaire principal accusé
Cette situation n’est pas nouvelle. Déjà en 2003, la Mission interministérielle du logement social (MIILOS) pointait du doigt un déficit structurel, provoqué selon elle par un taux d’impayé supérieur à 40% des recettes annuelles. Deux ans plus tard, le conseil d’administration d’Aliance, un gros collecteur du 1% logement en France, qui décide d’acquérir 61% du capital de la SA HLM. Aliance fait partie de l’UESL, et l’UESL refuse de financer la dette d’une société d’HLM détenue en majorité par Aliance, sous prétexte qu’« il faut qu’un vrai actionnaire assure enfin la gestion de cette société HLM » ! L’UESL a ainsi constaté que la SA HLM de Guyane est la seule société de ce type qui ne respecte pas la loi garantissant la présence d’un représentant syndical.
Dans un rapport définitif dont la presse s’est fait l’écho en mars dernier, 3966 locataires sur un parc de 4.000 logements sont en impayés. La MIILO dénonce également un mode d’attribution qui ne correspond guère aux règles de l’art. Le rapport accuse la société d’attribuer des logements à des personnes qui dépassent le plafond, ou de faire passer en priorité les dossiers choisis par des élus.
Plus de 1.500 anciens locataires ont laissé une dette de 4 millions d’euros. Et 6,5 millions d’impayés sont au crédit des locataires actuels. Mais il est important de préciser que par manque d’entretien de la part du bailleur, les logements se dégradent ce qui pousse des locataires à faire la grève du loyer.
De plus, la SA HLM de Guyane n’a construit aucun logement social depuis trois ans, alors que la population augmente de 4% par an, et que 14.000 familles ayant droit à un logement social attendent sur la liste.
Une crise générale
La crise que connaît la SA HLM Guyane amène à se demander si la priorité principale de certaines sociétés de HLM est toujours de répondre aux besoins en logements de leurs pays ?
L’ampleur de la pénurie de logement et de la pauvreté en Guyane ont un effet de loupe. En effet, du fait de la faiblesse de leurs revenus, des locataires préfèrent acheter de la nourriture plutôt que payer un loyer et des charges. Mais il est malgré tout étonnant qu’avec 17 millions d’euros de quittance émises chaque année, cette société de HLM ait été dans l’incapacité de construire le moindre logement depuis trois ans. C’est un nouvel exemple illustrant toutes les limites du système.
Il rappelle que face à un contexte spécifique dans l’Outre-mer, la méthode de production de logements se doit d’être adaptée aux immenses besoins et à la capacité contributive des familles. C’est loin d’être le cas aujourd’hui, comme le montrent les 30.000 familles réunionnaises ayant droit à un logement social qui sont inscrites sur une liste d’attente, et celle qui sont trop pauvres pour pouvoir payer un loyer dans un logement social.
M.M.
Construire ou acheter des logements ?
Logiquement, la priorité pour un bailleur social à La Réunion est de construire un maximum de logements en un minimum de temps pour faire face à une très grave pénurie dans notre pays.
Voici quelques années, un opérateur privé avait décidé de cesser son activité dans le social. La totalité de son parc avait été racheté par un bailleur social sans attendre que le vendeur soit obligé de céder pour l’euro symbolique. L’économie faite aurait pu sans doute permettre à ce bailleur de construire des logements. L’embauche par l’opérateur privé du directeur du bailleur social qui a fait cette transaction a-t-elle contribué à cet échange étonnant ?
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