Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Essais nucléaires dans le Sahara algérien et en Polynésie
26 mars 2009, par

Plus d’un demi-siècle après les premiers essais nucléaires français dans le Sahara algérien et en Polynésie, l’ancienne puissance coloniale décide de payer sa dette aux victimes, recensées parmi les personnels civils et militaires et la population. Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a présenté en début de semaine son premier plan d’indemnisation. Justice sera-t-elle ainsi rendue ?
Treize ans après avoir mis un point final à ses campagnes d’essais nucléaires, la France a présenté mardi dernier son premier plan d’indemnisation des victimes, doté de 10 millions d’euros (16,5 millions de dollars) en 2009.
Quelque 150.000 personnes, travailleurs civils et militaires, ont participé de 1960 à 1996 aux 210 essais menés par la France dans le Sahara algérien puis en Polynésie française. Le dispositif concernera aussi les populations de ces deux régions.
« Quelques centaines » de personnes ont pu développer depuis un cancer, victimes de radiations, selon le ministre de la Défense, Hervé Morin.
Il a reconnu quatre « problèmes de confinement » lors des tirs effectués dans le Sahara et dix épisodes « de retombées radioactives significatives sur des zones circonscrites » lors des essais aériens en Polynésie.
« Treize ans après la fin des essais dans le Pacifique et après le traité d’interdiction des essais ratifié par la France, il était temps que notre pays soit en paix avec lui-même », a-t-il relevé, alors que des associations de vétérans bataillent depuis des années pour faire valoir leurs droits.
Pour autant, le ministre s’est refusé à instruire le procès des gouvernements précédents.
De la même manière, la liste des maladies ouvrant droit à indemnisation sera « inspirée » de celle établie par une instance onusienne, le Comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCAER). Cette liste compte 18 maladies (cancers de la thyroïde, des poumons, du sein, leucémies...).
Risham Badroudine
210 essais nucléaires français dans le Sahara algérien et en Polynésie entre 1960 et 1996
Alors que le ministre de la Défense, Hervé Morin, a dévoilé mardi 24 mars un projet de loi d’indemnisation des victimes des essais nucléaires, voici un historique des expérimentations nucléaires menées par la France.
Depuis le premier tir au Sahara en 1960 jusqu’à l’ultime test en janvier 1996 en Polynésie, la France a procédé à 210 essais nucléaires. De 1960 à 1966, la France procède à 17 essais au Sahara : 4 aériens et 13 souterrains.
C’est en 1957, dans le cadre de sa politique de dissuasion militaire, que la France a créé un champ d’expérimentation nucléaire au Sahara sur une sur surface de108.000 km2. Le centre saharien d’expérimentation nucléaire destiné à la mise en place des essais atmosphériques a été installé à 50 km au Sud de Reggane.
La France évalue à 40.000 le nombre de personnes vivant à l’époque dans la région de Reggane et dans la vallée du Touat. Par la suite, les essais se feront en galerie et réalisés par le centre d’expérimentations militaires des oasis dans le Hoggar, à proximité d’In Ekker, à 150 km au Nord de Tamanrasset. Là, quelque 2.000 personnes habitaient cette zone, selon les estimations françaises.
Par exemple, après l’essai “Gerboise Bleue”, les valeurs les plus élevées de la radioactivité de l’eau ont été immédiatement décelées à Bordj Arak, à El-Goléa et à In-Salah.
Mais pour la France, il ne semblait pas y avoir d’importante contamination radioactive. Les essais achevés, les sites d’expérimentation ont été restitués en 1967. En 1999, l’Algérie a demandé à l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) de mener une mission d’évaluation de la situation radiologique. L’AIEA a recommandé que les sites soient immédiatement interdits d’accès au vu du taux de radioactivité.
193 essais en Polynésie
A partir de 1966, le champ de tir est transféré dans le Pacifique Sud, sur les atolls de Mururoa et Fangataufa, dans l’archipel des Tuamotu, à 1.200 km au Sud-Est de Tahiti (Polynésie française) où sont basées les installations du Centre d’Expérimentation du Pacifique (CEP). Du 2 juillet 1966, date du premier tir à Mururoa, jusqu’au dernier, trente ans plus tard, la France conduira 193 expérimentations nucléaires dans le Pacifique Sud. Parmi ces expérimentations, 41 sont aériens, la plupart sous ballon captif, mais également sur barge ou largués par avion. A partir de 1975, 137 essais souterrains sont réalisés, auxquels s’ajoutent 15 « expériences de sécurité ».
Tollé mondial
Le 8 avril 1992, le Président François Mitterrand décrète un moratoire des essais. Son successeur Jacques Chirac y met un terme en 1995, quelque temps après son élection à l’Elysée. Six essais sont alors réalisés entre le 5 septembre 1995 et le 27 janvier 1996. A l’issue de cette campagne, qui déclenche un tollé mondial, Jacques Chirac annonce le 29 janvier que la France signera le traité d’interdiction complète des essais. L’adhésion au traité est ratifiée par le Parlement le 26 avril 1998. L’Etat français met ainsi fin aux expérimentations nucléaires de façon définitive et démantèle le site d’expérimentation. Depuis, la France poursuit un programme de simulations informatiques des essais nucléaires.
Pour la première fois, une enquête épidémiologique française menée par Florent de Vathaire conclut que les essais nucléaires français réalisés en Polynésie entre 1969 et 1996 auraient entraîné une augmentation des cancers de la thyroïde. L’étude en question a porté sur 239 cas de cancers de la thyroïde survenus entre 1966 et 1999, qui ont été comparés à un nombre équivalent de témoins. La relation entre ce cancer et les essais nucléaires a été mise en évidence à partir d’une reconstitution dosimétrique et des données météorologiques disponibles durant les vingt et un jours suivant chaque essai.
Afin de pouvoir quantifier, avec plus de précisions, les conséquences des essais nucléaires, les chercheurs estiment nécessaire que l’armée fasse déclasser certains rapports des services de radioprotection du Centre d’expérimentation du Pacifique. Ce qui n’a pas été fait, malgré certaines déclarations en ce sens. « Il est nécessaire que nous puissions compléter nos études sur le cancer de la thyroïde dans la population générale, notamment afin de quantifier avec plus de précisions le nombre de cancers attribuables aux essais et afin d’étudier les susceptibilités génétiques aux radiations en Polynésie française, ajoute Florent de Vathaire. Il est aussi absolument nécessaire que nous puissions réaliser enfin une étude de cohorte sur les travailleurs qui ont participé à ces essais, toutes choses que nous ne pouvons pas réaliser actuellement, faute de financement. Nous demandons donc à l’armée française de financer ces études ».
L’Aven (Association des vétérans des essais nucléaires) soutient quant à elle que « la France est un des derniers pays à reconnaître la nocivité des essais nucléaires alors que la législation des États-Unis reconnaît, depuis 1988, 31 types de maladies dont 25 cancers qui peuvent être provoqués par les essais nucléaires sur des personnes présentes dans un rayon de 700 kilomètres autour du point zéro ».
R.B
Courrier des lecteurs
Mézami , néna par-la dë somenn in sèrtin prézidan zétazini la di dann in konféranss de press li lé dakor pou ashté bannzil chagos mé sa sé in (…)
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