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29 septembre 2008
« Les fraudes aux allocations familiales explosent ! », « Augmentation de 73% des fraudes recensées par la CNAF en 2007 ! » : tels sont les titres alarmistes - et sensationnalistes - que l’on peut lire ici et là.
Prestations familiales : 0,1% de fraudeurs
Or ce "boom sans précédent" s’explique, tout simplement, par la montée en puissance des dispositifs de contrôle avec la mise place d’outils de plus en plus perfectionnés, comme le "répertoire national des bénéficiaires" (RNB) et bientôt, peut-être, la "sémantique stratégique" ?
En réalité, le montant des fraudes aux allocations familiales s’élève à 58,4 millions d’euros en 2007, sur un total de 66 milliards d’euros de prestations versées. Soit un taux de... 0,1%. En 2006, le préjudice s’était élevé à 35,1 millions sur 64 milliards, soit un taux de fraude de... 0,05%.
Avec un taux de contrôle renforcé à 35%, la CNAF a relevé 6.314 fraudes en 2007, contre 3.654 l’année précédente. 62% ont résulté de déclarations d’activités ou de ressources non à jour, 24% concernaient les dissimulations de concubinage et 14% des escroqueries, faux et usage de faux. Les trois prestations les plus fraudées sont les aides au logement (30%), le RMI (28%) et l’API (8%).
Si le taux de contrôle de la CNAF atteignait 100%, on obtiendrait un taux de fraude d’environ 0,3% pour un préjudice d’environ 180 millions d’euros. On est très loin des 200 "évadés" français du Liechtenstein qui ont détourné 1 milliard d’euros... Encore plus loin des scores de la fraude fiscale qui représente un manque à gagner de 40 milliards d’euros par an pour les caisses de l’Etat, soit l’équivalent de son déficit public. Mais le gouvernement préfère focaliser sur la petite fraude aux prestations sociales, ce qui lui permet de détourner l’attention des Français sur les scandales en col blanc, hautement plus lucratifs et plus discrètement évoqués.
(Sources : betapolitique)
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