Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
10 juillet 2010, par

Si l’on veut soutenir les luttes du peuple réunionnais pour le respect de leurs droits et de leur dignité, il y a de nombreux enseignements à tirer de la conférence de presse tenue ce jeudi à l’Alliance par Paul Vergès, aux côtés de Philippe Jean-Pierre et d’Aline Murin-Hoarau. “Témoignages” continuera d’en parler, même si la plupart des autres médias, eux, ne font pas trop un compte avec cela, car ce n’est pas la tâche prioritaire que leur confient leurs patrons.
Le point sur lequel nous avons décidé de revenir aujourd’hui dans l’éditorial concerne le problème du droit à la retraite, que le gouvernement va tenter de mettre en cause lors du Conseil des ministres mardi prochain. Et son projet de réforme qu’il examinera ce 13 juillet est tellement grave qu’il peut avoir des conséquences négatives sur la vie quotidienne de toute la population, non seulement à l’âge de la retraite, mais encore tout au long de son parcours professionnel.
Mais ce que Paul Vergès a aussi souligné avant-hier, c’est que la réforme des retraites aura des effets encore plus pénibles, voire dramatiques pour les Réunionnais que pour les Métropolitains, si le projet déjà annoncé est voté par les députés et sénateurs. Cela, en raison de la situation très spécifique de notre île en termes d’emplois et de revenus, qui est encore beaucoup plus inégalitaire qu’en France.
En effet, de nombreux Réunionnais qui auront eu droit à un emploi au cours de leur existence ne pourront pas travailler pendant 42 ans pour avoir droit à une retraite décente. La majorité de nos compatriotes seront condamnés soit à une retraite minimum pour ceux qui travaillent déjà, soit à une retraite à 70 ans s’ils font des études jusqu’à 28 ans.
Et n’oublions pas toutes celles et tous ceux qui resteront condamnés au chômage au cours des décennies à venir, si le pouvoir et ses complices “péi” continuent leur politique injuste et discriminatoire d’apartheid social entre les deux mondes. Si l’on n’a pas droit à un emploi stable et correctement rémunéré, comme c’est le cas de 40% des Réunionnais, selon les derniers chiffres de l’IEDOM, à quelle retraite pourra-t-on avoir accès ?
Voilà pourquoi Paul Vergès a posé la question : alors que la grande majorité de la population réunionnaise risque d’être victime de ce projet gouvernemental, comment vont voter les élus de La Réunion ? D’où son appel à la solidarité réunionnaise sur le terrain des luttes populaires.
L. B.
Courrier des lecteurs
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