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19 février 2007
Le document fait par l’Alliance, pour sa réunion du 11 février, dresse un tableau réaliste et dramatique de La Réunion d’aujourd’hui et de demain. Cela fait des années que le pays est au bord de l’explosion. Comment en est-on arrivé là, et que faire pour s’en sortir ? L’assimilation obligée, pour échapper à l’accusation de discrimination, en est une des causes. Jugé discriminatoire, la départementalisation adaptée cependant plus rationnelle fut remplacée par l’intégration totale (1963). Ce fut la priorité donnée au social sur le développement. Les chiffres désastreux cités par l’Alliance sont en partie la conséquence de ce choix. Maintenant que l’égalité sociale est acquise, si les élus ne s’unissent pas pour bâtir ensemble un projet de développement, une partie importante de la population n’aura pour vivre que les revenus sociaux. Et c’est la misère à vie. Pourquoi un projet fait par les Réunionnais pour la Réunion avec l’accord de l’Etat : bien que département, La Réunion de par son éloignement, forme une petite unité économique autonome dont les problèmes doivent être pensés globalement pour recevoir les solutions adéquates. Nous savons par expérience, que les décisions économiques prises pour l’économie métropolitaine, et adaptées aux DOM n’ont jamais produit ici les effets qu’on en attendait. Nous savons également par expérience, que les propositions de chaque candidat “présidentiel” pour l’Outre-mer, tournent par démagogie autour du social et qu’il ne faut pas en attendre une restructuration de notre économie. Autant de considérations qui donnent raison au Président de la Région lorsqu’il appelle les Réunionnais et leurs élus à bâtir ensemble un projet de développement. Pourquoi appeler les élus de tout bord à travailler ensemble à ce projet ? Pour cause d’efficacité. Aucune grande réforme qui créerait une agitation même limitée, ne serait faite par Paris si elle n’est pas soutenue par tous les partis représentatifs et influents. Les obstacles au rassemblement souhaité sont solides mais pas insurmontables. Les premiers, ce sont les séquelles de la guerre du statut, la droite parisienne les a balayées, mais pas ses relais locaux. Ce qui place ces derniers dans une position inconfortable. S’ils y persistent, ils se feront couper l’herbe sous les pieds par Paul Vergès. C’est en partie fait pour le projet de tram-train. Il y a des fortes chances pour que Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal donnent par avance leur accord à ce projet, désavouant ainsi leurs amis respectifs. C’est vrai que Paul Vergès est un grand manœuvrier, il se sert à merveille de sa double casquette : Président de Région, Président de l’Alliance. Le premier a en charge le développement, la négociation des contrats de plan et des crédits européens. Par leur incapacité à s’unir et à avoir des propositions alternatives, ses adversaires font de lui une autorité incontournable, et seule capable d’utiliser efficacement les compétences nées de la décentralisation. Quand il présente aux 3000 personnes rassemblées à l’ADPE, le 11 février, « les propositions de l’Alliance pour la nouvelle étape de développement », il est à la fois, le Président de Région qui associe les militants et décideurs à ses propositions ouvertes pour l’avenir et le Président de l’Alliance qui démontre sa force et met en garde tout candidat à la Présidence de la République, contre la perte de voix qu’il encourrait si l’Alliance appelait à voter contre lui. Qu’importe la stratégie, la manœuvre ou le but visé, pourvu qu’il s’en serve pour sortir le pays de l’impasse. Faire un projet commun à tous les partis, c’est tenter de mettre au service du développement, un statut départemental jusqu’ici plus apte à générer de l’assistance. Inviter les élus à travailler ensemble pour La Réunion, c’est le seul but de ces propos, qui s’interdisent tout jugement sur les choix politiques des uns et des autres dans le temps.
Albert Ramassamy
Ancien sénateur
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