Culture et identité

La Réunion : “Zénès maloya”

A swar o Téat singil

A swar, le Téat plin èr singil i akeuil la sizièm édision de “Zénès maloya” avèk an védèt “Gramoun Dada”“ Kiltir”, “Koulèr péi”, “Kozman ti dalon”, “Les Tambours sacrés”, “Lindigo”, “Zarlor”, Patrick Manent” et “Zarlor”. Zot i atand a zot pou fé la fèt o maloya.

“Kiltir”


Directement issu de la tradition musicale du “Service kabaré”, “Kiltir” est un jeune groupe de maloya traditionnel qui apporte enfin une relève dans ce style. “Kiltir” est surtout un groupe familial, et quand on demande à “Nono”, le leader, depuis combien de temps le groupe existe, il a bien du mal à répondre. Depuis tous petits, les membres de “Kiltir” pratiquent le maloya traditionnel dans les Services Kabaré.

Kiltir assure une relève des grands du maloya

Le maloya est la musique traditionnelle de La Réunion issue des esclaves africains et malgaches emmenés à l’île Bourbon devenue aujourd’hui île de La Réunion. C’est vers 1992-1993 que ces jeunes baptisent tout naturellement leur formation “Kiltir” (“culture”), et c’est surtout en 1996 que “Kiltir” se fait connaître par une victoire en finale de “La Clameur des Bambous”, concours découverte de jeunes talents à La Réunion, avec leur “Speed Maloya”. On dit de cette musique qu’elle est endiablée, d’où son nom. Les paroles retracent l’histoire de l’île de La Réunion, la vie des esclaves “marron”* et de leur combat pour la Liberté.

En 1998, Discorama, producteur et distributeur à La Réunion, leur propose d’enregistrer leur premier album “Desrin Maloya”. Un album en hommage aux anciens qui ont défendu notre culture et le maloya qui, ne l’oublions pas, a été interdit pendant longtemps et jusqu’à une époque qui n’est pas si loin, 1981. Après la sortie de cet album de 9 titres, dont la chanson qui met “Kiltir” au devant de la scène, “Destin Maloya”, le public découvre alors un nouveau souffle avec le “Speed Maloya” de “kiltir”. Ce premier album est un hommage à l’histoire de La Réunion, un mélange des cultures à la fraternité de ce peuple à travers ces 9 titres, le groupe rend hommage à ses ancêtres pour leur combat pour la liberté et il appelle aussi à la solidarité et la fraternité entre tous les peuple de la Terre.

« Nous nous connaissons depuis longtemps,. Il existe une grande complicité entre nous, c’est pour cela que ça fonctionne bien.
Pour nous, le Maloya n’est pas un business, c’est une tradition avant tout et dans laquelle nous sommes nés, et nous estimons que c’est un droit et un devoir de perpétuer cette tradition, dans le respect des anciens qui ont combattu pour défendre cette musique », précise Nono.

Définition du Maloya pour le groupe Kiltir

Le Maloya, qui est la musique traditionnelle de La Réunion, est une pratique héritée des esclaves africains et malgaches qui gueulaient ce blues dans les champs de cannes à sucre de l’île Bourbon devenue aujourd’hui île de La Réunion. Ce chant et cette danse étaient une distraction, mais aussi et surtout un cri de souffrance, de douleur, d’espoir, de liberté
Cette musique constitue un vecteur de transmission en lien direct avec les croyances et les rites religieux des communautés concernées. Ainsi, la dimension du Maloya est aussi liée à la pratique du culte des ancêtres que l’on nomme à La Réunion “Service Kabaré”.
Aujourd’hui, cette culture musicale se perpétue de génération en génération. Pour nous, le Maloya n’est pas juste un simple rythme, mais une musique de délivrance, une force, un lien direct avec nos ancêtres et notre histoire.


Patrick Manent


Patrick a grandi dans l’ombre protectrice de son mentor et grand-père Louis Jules Manent, alias Granmoun Bébé. Le maloya et le kabaré n’ont plus de secret pour lui. Pendant toute son enfance, il a été bercé par les servis kabaré. En conséquence, depuis son plus jeune âge, il chante et danse le maloya à la perfection. Avec ses frères, le samedi, la famille mettait les instruments “déor” (dans la cour), tuait une poule ou un canard puis chantait, jouait et dansait le maloya jusqu’à très tard le soir. Pour Patrick, le maloya se vit au quotidien, et ce, depuis toujours.
À 12 ans, il joue dans le groupe “Lèv la tèt”, une troupe d’Arsène Maroundi. « À l’époque, je chantais qu’un morceau en solo, mais je jouais tous les instruments traditionnels : oulèr, kavya, sati, pikèr… ».
À 14 ans, “Lès a li” avec Jean-Yves Vingadassalom (le petit-fils de Granmoun Baba). À 16 ans, “Bamba Kréol” avec Franck Mangue, Herman Virandriken… À 17 ans, “Soukwé” avec Moïse Camillo.

« Un des meilleurs chanteurs de kabaré et de maloya de La Réunion »

En 1987, il joue et chante dans “Lansor” avec Dédé Payet. Sort une cassette audio “Gou Nasyon”, un maloya du grand Arsène Cataye. Sur cette cassette audio, Patrick chante en solo deux chansons : “Gou Nasyon” et “Bal Kador” —cette dernière a été reprise sur le deuxième CD de Patrick.
En 1989 et jusqu’à 1993, il fait un “dalonaz” avec Danyel Waro, joue du roulèr et « donn la vwa ». À cette occasion, Patrick fait des tournées internationales et nationales : le Japon en 1990, le Festival des Musiques Métisses à Angoulême en 1991, le “Printemps de Bourges” en 1992, le “Festival Africolor” en 1993.
Il « donn in kou dmin maloya » au groupe “Zarlor”, une bande de dalons.
En 1998, Patrick chante deux chansons sur le triple CD d’anthologie “Bourbon Maloya” : “Transpirasyon dolo” — une chanson qu’il a composée à l’âge de 15 ans, et “Massalé”. Toujours en 1998, Jean-Paul Nida a fait appel à lui pour faire les percussions et les chœurs de son premier CD “Tyinbo”.
En 2003 sort son premier CD en solo, “Tonbé Lévé Maloya”.
A 26 ans, il est considéré par la famille maloya comme un des meilleurs chanteurs de kabaré et de maloya de La Réunion. Patrick prépare un troisième CD, “Dann Lespwar”, sortie en 1999.
En janvier 2008 sort “Kozmann Kèr”, CD co-produit par les studios OASIS, de José Payet. 11 titres figurent sur cet opus : “Larkilwar”, “Beldézil”, “Dyalo dyalo”, “Pou lamour”, “Lèr lèr”, “Kal roulèr”, “Bal kador”, “Moringèr”, “Kabaré atèr”, “Zanfan domoun”, “Gounasyon”.


“Zarlor”


En 1990, des jeunes du quartier du Bord la Rivière Saint-Etienne à Saint-Louis, scolarisés au collège et au lycée de Saint-Louis, passent leur loisir principal à chanter et à jouer de la percussion. Leurs instruments étaient des récipients de récupération en métal et des caisses en carton. Ils se retrouvaient régulièrement à côté du Canal du Gol pour s’adonner à leur passe-temps favori : la musique traditionnelle de leur île.
Ils firent du maloya leur moyen d’expression. Un moyen d’expression puisé aux sources les plus authentiques de la culture réunionnaise… Dans les servis Kabaré et dans les percussions “malbar”. En 1991, de ces rencontres dominicales, naît le groupe “Bor la Rivyèr”, formés par des jeunes super motivés, très attachés à leur environnement et à la culture réunionnaise. Fabrice Coupama et Daniel Cabel créent les compositions. De 1991 à 1996, le groupe anime des Kabars, les servis Kabaré et les scènes de l’île. En 1996, avec l’aide du Service Culturel de la Mairie de Saint-Louis, après un long travail de groupe, une maquette audio est enregistrée. Certains membres quittent le groupe pour des raisons professionnelles (service militaire, perfectionnement musical en Métropole…). Malgré une solide amitié, le groupe se dissout en 1996.

Le maloya… un moyen d’expression puisé aux sources les plus authentiques de la culture réunionnaise

En 1998 naît “Zarlor”. Le groupe poursuivra le travail commencé par “Bor la Rivyèr”. Six membres composent le groupe. Ils jouent du roulèr, pikèr, bobre, kayanm, chant lead, choriste. Ils sont Rose-May Taïlamée, excellente chanteuse (Bourbon Maloya…) et Fabrice Coupama composent pour “Zarlor”.
En mars 2002, “Kriké maloya, kraké zarlor”, le premier CD du groupe, est dans tous les bacs des bons disquaires de l’île. Emmené par Fabrice Coupama, chant lead, auteur et compositeur du groupe et enregistré au studio Oasis à la Rivière Saint-Louis, ce dix titres emportent son auditeur sur les traces d’un maloya original qui aime varier les sons. L’ajout d’instruments comme le tabla, le gabouch ou le tambour malbar sur certains titres permettent d’enrichir un son d’ensemble aéré et de donner une sonorité spéciale unique au groupe.
En septembre 2006, deuxième opus : “Ti kanar kwin kwin, maloya pou marmay” des chansons dédiée à cette jeunesse bouillonnante et un vibrant hommage à Granmoun Baba.



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Messages



  • 6 août 2009, 22:14, par SONIA

    OUI Zénes maloya viens avant sakifo
    oui zénes maloya pendant ma période de carème chrétien
    oui zénes maloya m’a fait danser santer rouler
    Mon dié pardonne mon carème l’a cassé
    Mon dié paronne à moin
    la mizic mon racine la entraine à moin
    tout la soiré moin la dansé santé roulé
    avec zénes nout pays nout racine
    avec zénés maloya
    Mon dié out té avec nous ce soir là
    moins la trop roulé li la entraine à moins
    loin très loin là bas
    l’aute coté mon coeur là où quand mi lé triste
    quand mon souffrance y grandi
    mi écoute mi accuille mi recois
    mi transfigure mon face
    mon corps y bouge sous son ryhme
    li appel à moins
    li empêche à moin de croire que mi lé blanc
    Et quand mi écoute à li
    li empêche à moin de croire que nana in autre nation
    dans mon coeur ............................

    Sonia LEANI
    sentiment vécu

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