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Célébration de l’Admission des Comores à l’ONU
De notre correspondant spécial A. Mohamed
15 novembre 2007
Très actif depuis 1 an, le Comité Maoré, une organisation de la société civile, vient de réussir son pari : baptiser la date anniversaire de l’admission des Comores à l’ONU "Journée Nationale Maoré" et en faire une journée fériée, chômée et célébrée dans tout le pays.

Le Comité Maoré mobilise l’opinion. (Photo MA)

Ils étaient près d’un millier dans la grande salle, le hall et les jardins du Palais du Peuple ce 12 novembre 2007. La commémoration de l’admission des Comores à l’Organisation des Nations Unies comme un pays souverain composé de 4 îles, Anjouan, Mayotte, Mohéli et Grande Comore, a pris cette année une allure toute particulière. Les organisateurs reconnaissent volontiers que les problèmes d’organisation qui ont indisposé plus d’un sont principalement liés au fait que le succès de cette seconde édition a dépassé, et de loin, toutes les prévisions.
En effet, sous l’impulsion d’un collectif animé par Idriss Mohamed, l’Ambassadeur Thabit, des parlementaires et d’autres personnalités influentes, la Journée du 12 novembre a été baptisée Journée Nationale Maoré et dédiée à la sensibilisation et à la mobilisation des citoyens sur la défense de l’Unité nationale et de l’Intégrité territoriale.
Pour beaucoup de participants, la question de Mayotte ne pouvait se dissocier de celle d’Anjouan, à des degrés divers. Les partisans d’Elbak, l’ancien Président de l’île, ont condamné la démarche du gouvernement central et de l’Union Africaine visant à associer les autorités françaises de Mayotte aux sanctions contre les rebelles anjouanais. Pour eux, c’est « une contradiction de revendiquer Mayotte et collaborer avec l’usurpateur ».
Ne pas regretter l’indépendance
Pour sa part, Ibrahim Mohamed, Ingénieur de son Etat, pense que c’est l’indignation causée par les velléités séparatistes d’Anjouan qui mobilisent l’opinion sur la revendication de Mayotte. Dans son allocution, Idriss Mohamed, le Président du Comité Maoré, va plus loin lorsqu’il soutient que le maintien de la quatrième île sous la tutelle de l’ancienne puissance colonisatrice constitue une source de déstabilisation politique et institutionnelle permanente, mais aussi un obstacle à toute politique de développement de l’Archipel des Comores.
Un des moments forts du discours de Idriss Mohamed, c’est lorsqu’il a tenté une comparaison entre Mayotte et la Corse : « Des habitants de l’île comorienne de Mayotte s’insurgent contre l’Etat central, l’Etat français, brandissent "le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes", organisent des consultations "bananières" et s’y appuient pour tenter de légitimer le maintien de l’île comorienne sous sa coupe. Des habitants de l’île française de Corse se soulèvent contre le colonialisme français, revendiquent l’indépendance de leur île, les armes à la main, tiennent tête à l’armada française des dizaines d’années ; ... tout fonctionnaire français s’indignerait si on demandait à l’Etat français d’organiser une consultation du peuple corse sur son devenir... ».
À l’endroit de la jeunesse comorienne, l’orateur a demandé de ne pas regretter le choix courageux de l’indépendance : « S’il y a plein de trous sur les routes, sous la colonisation, il n’y avait pas de route ; s’il y a de fréquentes coupures d’électricité, à l’époque, il n’y avait pas d’électricité en dehors de Moroni ; si la centaine d’établissements d’enseignement secondaire est mal entretenue, avant l’indépendance, il n’y avait que 3 établissements secondaires ».
A. M.
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