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Crime contre l’intelligence
24 février 2007
Hier, André Ramy Sepou, un pratiquant de l’hindouisme mobilisé dans la défense d’un monument du patrimoine “malbar” de l’île, a été averti par un appel anonyme : la shapèl d’Harambure (Dambièr) menacée de destruction, a effectivement été rasée !
Ayant obtenu confirmation de la catastrophe par d’autres témoins, André Ramy Sepou s’est rendu sur les lieux hier en compagnie de l’historien Sudel Fuma, correspondant de la chaire universitaire de l’Unesco à La Réunion.
Dès que les menaces proférées contre ce monument unique du patrimoine réunionnais et national ont été connues, les deux hommes ont alerté chacun les autorités chargées de la protection du patrimoine, en particulier la DRAC.
Hier, ils ne pouvaient que constater combien l’inaction du représentant de l’Etat, dans une situation d’urgence, a servi les desseins du propriétaire du terrain qui, hier, a mis ses menaces à exécution.
L’État et la direction de la DRAC portent une lourde responsabilité dans cette tragédie. « C’est un crime, presque une profanation », protestait hier André Ramy Sepou qui espérait que la DRAC interviendrait assez vigoureusement pour la défense de ce patrimoine, protégé par la Charte de l’UNESCO et par celle qu’ont signée le 4 novembre 2006 l’Etat, le Département, la Région et l’association des Maires.
« Il s’agit d’un patrimoine national, construit par des hommes et des femmes qui étaient certes des engagés travaillant sur les terres des propriétaires terriens, mais qui ont contribué à construire la richesse de la Nation française. L’argument de la “propriété privée” ne tient pas. Villèle aussi est une propriété privée, et c’est un Musée de France. Comment ce qui est possible pour le patrimoine des Maîtres ne le serait-il pas pour les autres vestiges de notre patrimoine ? », s’est indignée Françoise Vergès, chargée de mission pour la Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise.
P. David
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