Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
19 septembre 2008

Après 10 lois votées depuis 2002 sous le seul angle de l’ordre public, avec des résultats mitigés, après une création foisonnante de fichiers dont le champ d’action s’élargit sans cesse (comme EDVIGE), la Ligue des Droits de l’Homme s’interroge sur le bien fondé de l’augmentation du dispositif de vidéosurveillance à Saint-Denis.
La municipalité de Saint-Denis a considéré que la pose de caméras supplémentaires était de nature à assurer la sécurité des citoyens en précisant que « les treize caméras précédentes sont situées uniquement dans la zone piétonne, rue Maréchal-Leclerc, alors que la violence se déroule en dehors du champ couvert ».
Peut-on envisager que celle-ci se limite à l’aspect de la confrontation de citoyens paisibles à des agités et à des délinquants ?
Sécurité alimentaire, du travail, du logement, de l’accès aux soins, de la qualité de l’environnement ne sont pas de moindres soucis et concourent à l’ordre public.
La vidéosurveillance qui a été mise en avant pour venir aider à la résolution de la délinquance a été interdite au Danemark. Les caméras ne résoudront pas le problème de l’insécurité. De nombreuses études, notamment en Grande-Bretagne, ont démontré que les problèmes de délinquance ne faisaient que se déplacer hors du périmètre surveillé et que leur efficacité n’était pas démontrée.
La Ligue des droits de l’Homme rappelle et maintient sa franche opposition à la multiplication de systèmes de vidéosurveillance, en ce que ces systèmes sont attentatoires à la liberté fondamentale de circuler sans entrave, ni surveillance, attentatoires à la vie privée et sont un outil de contrôle social.
Ils portent atteinte aux libertés individuelles, au respect de la vie des personnes et au droit à l’image.
Les libertés individuelles sont de plus en plus menacées, grignotées et les individus de plus en plus pistés.
Il reste à démontrer que ces systèmes de vidéosurveillance participent à la protection du bien commun et développe l’esprit citoyen...
Pour la Ligue des droits de l’Homme,
Christophe Pomez
Membre de la Ligue des droits de l’Homme de Saint-Denis, membre du comité central national de la LDH
Courrier des lecteurs
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