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Mobilisation de l’Intersyndicale face à la crise
3 mai 2010
Le défilé du Premier mai a rassemblé de nombreux participants dans les rues de Saint-Denis, selon les syndicats. Les manifestants ont « répondu massivement présents » se félicitent les syndicalistes. « Il s’agit d’un 1er mai réussi » ajoutent-ils. Signe de l’inquiétude grandissante, c’est le BTP qui ouvrait le défilé. Le BTP est le secteur le plus touché par la casse des grands chantiers.

Un Premier mai sous le signe de l’inquiétude, déjà 7.000 emplois perdus rien que pour le BTP depuis l’an dernier, et pas de redémarrage cette année. (photo Imaz Press Réunion)
Issus des diverses régions de l’île et des divers secteurs de la vie économique et du secteur public, les manifestants se sont donnés rendez-vous au Petit Marché à 9 heures et ont pris ensuite la direction de la préfecture. C’est l’Intersyndicale, composée des syndicats CFDT, CGTR, FSU, UNSA, CFTC et Solidaires, qui avait lancé l’appel à la mobilisation pour ce traditionnel défilé du 1er mai. Parmi les mots d’ordre de cette année : dénoncer la politique du gouvernement en matière d’emplois, de réforme des retraites et de pouvoir d’achat.
Outre les représentants des syndicats, plusieurs élus ont pris part au défilé. Il y avait notamment Elie Hoarau, secrétaire général du PCR et député au Parlement européen, la députée Huguette Bello, Maurice Gironcel et d’autres responsables politiques progressistes.
L’Intersyndicale BTP et des travaux publics était en tête du cortège ce samedi. Pierre Savigny de l’Intersyndicale défendait la retraite à 60 ans : « Que va-t-on faire pour les jeunes si nous devons travailler jusque 65, voire 70 ans ? » a-t-il demandé en évoquant également l’arrêt des projets de rocade, tram-train, Pôle océan… « 7.000 licenciements… jusqu’où va-t-on aller ? »
« Le chômage ne fait qu’augmenter »
« Ce rassemblement est l’expression de la souffrance sociale et du mécontentement de la population » estime Ivan Hoareau qui ajoute : « l’impact de la crise est réel et il mérite d’être évalué. Nous préconisons une étude approfondie sur ce sujet et fustigeons la casse des systèmes de répartitions par le gouvernement » réaffirme le secrétaire général de la CGTR. Eric Chavriacouty de l’UNSA insiste : « Nous ne pouvons plus dire que nous sommes dans le domaine de la projection, de l’analyse. Aujourd’hui, le chômage ne fait qu’augmenter, les entreprises connaissent des liquidations, certaines qui sont de grosses structures de l’économie réunionnaise sont en plan de sauvegarde. Nous ne sommes plus dans le virtuel. Il en va de même pour l’aggravation des conditions de travail, de la multiplication des maladies professionnelles et de l’avenir des retraites ». « Une situation dramatique aggravée par le manque de dialogue social », estime Ivan Hoareau. « Le gouvernement a tourné le dos à la démocratie participative. L’homme n’a plus sa place dans les réformes » déplore le dirigeant de la CGTR.
« L’emploi est au centre de nos revendications »
Les enseignants affectés en métropole se sont également mobilisés pour ce 1er mai. Ils ont fixé un ultimatum au président du conseil régional pour obtenir une réponse à leur demande de réaffectation dans leur pays pour ce mardi. Des ex-employés de l’ARAST avaient aussi fait le déplacement. Toutes les organisations syndicales participantes ont dénoncé la situation « dramatique » de l’emploi à la Réunion, la vie chère, les conditions de travail qui se dégradent et l’avenir des retraites. « L’emploi est au centre de nos revendications. Sans emplois, pas de financement des retraites, pas de retraites suffisantes » soulignent les syndicalistes. « On est en train de faire payer la crise aux salariés », estime Ivan Hoareau de la CGTR qui a sommé le gouvernement de trouver des solutions. Le secrétaire général de la CGTR a conclu son discours devant les jardins de la préfecture en évoquant l’arrêt du chantier du tram-train : « Toute décision politique qui rajoute au trou d’air actuel sera condamnable. Nous demandons une relance des travaux en attendant de jours meilleurs ».
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