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11 janvier 2006
La faim au Kenya
Régulièrement, le spectre de la famine réapparaît, montrant à tous qu’il est toujours là avec son horrible visage, provoquant la pitié mais aussi la peur, l’agacement, l’indifférence cruelle et la surprise feinte. Comme si toutes ses victimes faisaient partie d’un autre monde, et que, de toute façon, elles étaient condamnées irrémédiablement à leur sort, subissant une espèce de malédiction.
Hier, c’était au Niger ; aujourd’hui, en cette période de fêtes de Noël et de Nouvel An, au Kenya où plus de 2 millions d’hommes, de femmes et d’enfants sont menacés par la sécheresse. Et comme par hasard, presque toujours, en Afrique.
Il y a bien-sûr les causes naturelles : les pluies qui ne sont pas tombées dans le Nord du pays depuis l’année 2003 et qui rendent la vie impossible à ces populations nomades de ces régions arides qui vivent essentiellement de l’élevage...
Mais il y a aussi les causes humaines : c’est l’interminable guerre civile en Somalie ; l’imprévoyance, les négligences d’un gouvernement plus occupé à modifier la Constitution pour donner davantage de pouvoirs à son équipe dirigeante corrompue, et qui est resté sourd jusqu’ici aux appels répétés de la Croix rouge, de l’UNICEF et des autres associations humanitaires ; c’est l’état dégradé des voies de communication avec les pistes défoncées souvent impraticables, l’insécurité permanente avec les attaques de bandits armés, les tensions tribales autour des points d’eau...
Et parmi toutes ces causes, sans doute la plus grave et la plus profonde, qui tient à l’état du monde : vaste marché tourné vers le profit exclusif d’une minorité au détriment du plus grand nombre, et dont les effets se font sentir aux quatre coins du monde !
Georges Benne
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