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À quatre mois de la Présidentielle, une délégation de l’UMP en visite en Guyane
21 janvier 2012
Les frais engagés pour les derniers vœux de Sarkozy à l’Outre-mer vont-ils être inscrits dans le compte de campagne du candidat UMP à la Présidentielle ? À quatre mois de l’élection, le président de la République se rend en Guyane à la tête d’une délégation comprenant plusieurs dirigeants de l’UMP, dont son représentant à La Réunion, Didier Robert. La pire des injustices voudrait que cela soit le contribuable qui paie les dépenses engagées pour la promotion de la candidature UMP à la Présidentielle.
Le 9 janvier dernier, François Fillon a tenu sa dernière cérémonie de vœux à la presse à Matignon. À cette occasion, le Premier ministre a présenté de manière faussement positive le bilan de cinq années de Sarkozy à la tête de la France, et il a aussi lancé une violente charge contre François Hollande, le candidat du Parti socialiste. Ce n’était donc pas les vœux du chef du gouvernement de la République, mais bien ceux d’un militant UMP en campagne pour son candidat à la Présidentielle. Se pose alors la question de savoir qui paie une telle cérémonie ? La logique veut qu’une telle dépense soit inscrite au compte de campagne du candidat UMP à la Présidentielle, ce n’est pas aux contribuables de payer les frais d’un discours aussi clairement partisan qui déshonore la fonction de chef d’un gouvernement de la République.
Opération de promotion d’un parti
Aujourd’hui, Sarkozy arrive en Guyane pour officiellement transmettre demain ses vœux à l’Outre-mer. Mais nous sommes à quatre mois du premier tour de l’élection présidentielle et plusieurs faits amènent à s’interroger sur le danger qui pèse sur la démocratie.
Ce déplacement a lieu 10 jours après l’incident de Matignon. La cérémonie des vœux du Premier ministre à la presse a clairement montré que les moyens de l’État ont été mis au service du discours d’un parti.
Le choix de la Guyane n’est pas innocent, c’est le seul lieu où une liste UMP a été élue à la majorité des suffrages aux Régionales, ce qui n’était pas le cas à La Réunion et en Alsace, les deux autres régions qui ont un président UMP.
À ce choix se superpose celui de la composition de la délégation. Sarkozy a dû racler les fonds de tiroir pour trouver dans l’Outre-mer des dirigeants politiques prêts à soutenir l’UMP. Mis à part les membres du gouvernement UMP, les autres invités notables sont le sénateur de Nouvelle-Calédonie apparenté UMP Pierre Frogier et le président de la Région Réunion Didier Robert. Les dirigeants et les parlementaires venant d’une tendance politique différente de l’UMP sont ignorés.
L’orientation est donc claire, et elle est confirmée par un communiqué de la Région qui met en avant la participation de son président UMP au voyage de Sarkozy en Guyane.
Ce n’est pas au contribuable de payer
Depuis plusieurs années, les Réunionnais ont l’habitude des visites ministérielles qui n’ont pour seuls objectifs que d’assurer la promotion de l’UMP. Il suffit de reprendre les différents programmes des visites ministérielles pour constater une nouvelle géographie imposée par l’UMP : derrière la ville-préfecture, passage obligé de tout envoyé de Paris, les villes de Saint-Pierre et de Tampon sont pour l’UMP les nouvelles capitales de La Réunion. En 2010, Sarkozy avait montré l’exemple, faisant 10.000 kilomètres pour inaugurer une ferme photovoltaïque à Saint-Pierre, et un parc de palmiers au Tampon. Il s’avère que tous les frais de ces visites sont pris en charge par le contribuable, pas par l’UMP.
Les deux jours qui viennent, il ne fait aucun doute que Sarkozy va utiliser son voyage en Guyane comme une rampe de lancement pour la Présidentielle de dans quatre mois, et cela, d’autant plus qu’il va dans ce pays moins d’une semaine après le candidat du PS.
Un président partisan à la tête d’une délégation partisane dans un voyage aux buts partisans : une telle dépense ne doit pas être payée par les deniers publics, mais par l’UMP. Elle devra donc être imputée au compte de campagne UMP pour bien rappeler que la République est un État démocratique, pas un État au service d’un parti.
Manuel Marchal
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