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Un roman d’Arnold Jaccoud sur les violences contre les femmes à La Réunion
4 janvier 2012
Aux éditions réunionnaises LCCR, Arnold Jaccoud a publié récemment un roman, "Le dernier rhum...", traitant des conditions dans lesquelles se produit et se déploie un nombre important des violences, physiques et sexuelles, dont les femmes sont trop souvent les victimes de la part des hommes de leur entourage. Cet ouvrage est le premier d’une collection intitulée "Les Yeux ouverts & les Oreilles attentives", dont la finalité est d’explorer, sur le mode romanesque, quelques-uns des aspects problématiques de notre société. En voici une présentation par son auteur.

"Le dernier rhum…" « lorsqu’on sait pouvoir agir de façon efficace… eh bien, il serait déontologiquement condamnable de ne pas agir… Mais lorsque s’installe durablement le sentiment de l’inefficacité de toute action dans l’environnement social bureaucratisé… alors, on écrit des romans… » (Arnold Jaccoud).
"Le dernier rhum…" est un "polar" sociologique, une fiction romanesque stimulante, que ses premiers lecteurs disent reconnaître proche de la réalité. Cette œuvre littéraire ne formule certainement pas la vérité à elle seule ! Elle en présente simplement une approche qui ne laisse personne insensible. Elle suscite émotion et réflexion. Je souhaite qu’elle fasse naître l’envie du dépassement résolu de ces rapports de pouvoir inégaux, que les conceptions surannées du couple et de la famille perpétuent depuis tant de siècles, produisant uniformément souffrance, crainte et misère morale.
Au travers d’une écriture romanesque, je me suis résolu à présenter quelques réflexions à propos des violences, physiques et sexuelles, dont les femmes sont trop souvent les victimes de la part des hommes de leur entourage.
"Faits-divers"
L’actualité se répète, nous laisse sans voix et sans force : des hommes jaloux, immatures et tourmentés, spoliés de leur "propriété" — leur malheureuse ex-compagne — matraquent et tuent sans désemparer. On s’occupera de la victime. C’est indispensable mais c’est trop tard…
Le problème, lui, demeure intact, plongeant dans une inconscience qui semble générale. Il se trouve en amont, dans la manière dont se transmettent aujourd’hui encore les conceptions de la relation entre homme et femme. Il plonge dans les structures mêmes de la société, toujours patriarcale et machiste, entretenues inconsciemment dans l’ensemble des rapports sociaux, comme dans trop de couples et de familles. Dans la presse, ces drames sont traités à la rubrique des "faits-divers"…
Suprématie masculine
La mixité éducative, la promotion de la parité, le respect de l’autre — des valeurs pourtant partout proclamées et défendues — ne fonctionnent plus lorsque surgissent les différends relationnels et les perturbations de l’émotion meurtrie. Ces valeurs demeurent souvent purement formelles, face à l’immaturité émotionnelle et aux pires modèles plus ou moins inconscients, hérités de la longue histoire de la suprématie masculine. Même si sous de multiples formes, la violence féminine est parfois tout aussi réelle.
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Trois questions à Arnold Jaccoud • Quels sont les principaux objectifs de ce roman ? • Sur Radio Première vous avez déclaré que la lutte contre les violences dont sont victimes de nombreuses femmes passe par une profonde transformation de la société ; qu’entendez-vous par là ? • Comment pensez-vous atteindre cet objectif de transformer notre société à La Réunion ? |
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