Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
6ÈME CONGRÈS DU PARTI COMMUNISTE RÉUNIONNAIS
Rapport du secrétariat présenté par Élie Hoarau
9 mai 2009, par

Dans la 2ème partie du rapport du secrétariat du PCR, Elie Hoarau, secrétaire général, a fait un état de la situation actuelle à La Réunion. Si rien n’est fait, la situation va continuer à s’aggraver. Il est donc urgent de s’engager aujourd’hui sur la voie du développement durable. Il faut donc bâtir le développement durable qui relève de la responsabilité des Réunionnais. Le développement durable doit être pensé et réalisé par les Réunionnais Il y a aujourd’hui des avancées à conquérir dans le domaine de l’emploi, du logement, du pouvoir d’achat… Il faut porter le projet auprès de la population.
La seconde partie du rapport d’Elie Hoarau a d’abord fait un état de la situation de La Réunion en 2025 lorsque le cap du million d’habitants sera atteint et si rien n’est fait.
- Au niveau du chômage, l’île compte aujourd’hui plus de 112.000 chômeurs. Et si rien n’est fait, on comptera près de 350.000 demandeurs d’emploi en 2025, c’est-à-dire lorsque La Réunion atteindra le million d’habitants. Concernant le logement, près de 9.000 logements par an sont à construire dont près de 6.000 logements sociaux. L’illettrisme va également progresser pour atteindre les 150.000 illettrés en 2025. La population vivant en dessous du seuil de la pauvreté va progresser pour atteindre la barre des 500.000 personnes. Les inégalités de revenus seront de plus en plus importantes.
Elie Hoarau a également rappelé que l’inflation touche d’abord les plus pauvres.
La situation économique est très grave aujourd’hui : les dépôts de bilan ont progressé de 56%. Cette situation va s’aggraver.
Il faut aller vers un partage plus équitable des richesses de la canne, d’autant plus que les aides sont assurées jusqu’en 2014. Mais l’OMC continue sa pression sur l’Europe et le gouvernement français pour qu’après 2014, ces subventions soient définitivement supprimées. L’Europe et la France céderont-elles ? De la réponse à cette question dépend tout l’avenir de la filière canne-sucre à La Réunion. Il y a aujourd’hui nécessité de préserver les terres agricoles. Il est également essentiel de se diriger vers d’autres cultures afin de diversifier notre agriculture.
Face à cette situation, La Réunion doit se diriger vers une nouvelle voie : celle du développement durable.
Le rapport a fixé un certain nombre d’objectifs à atteindre :
Autonomie énergétique : Dès 1999, le mot d’ordre d’autonomie énergétique a été lancé par la Région. Elle est une des premières par ses réalisations.
L’électricité est actuellement produite à 42% par des moyens renouvelables (hydraulique, bagasse, solaire ou éolien) et à 57% par des combustibles fossiles. Il convient de porter la production d’électricité indépendante des combustibles fossiles à 100% en 2025.
Autosuffisance alimentaire : Produire le maximum à La Réunion. L’autre piste pour atteindre l’autosuffisance alimentaire est le co-développement avec les pays de la zone.
Traitement des déchets : La Réunion produit près de 300.000 tonnes de déchets. Trier, récupérer, recycler et valoriser les déchets peuvent contribuer à des créations industrielles. Il est aujourd’hui possible d’envisager une véritable filière industrielle de traitement des déchets. Le tri systématique avec des centres de tri de proximité à recycler au maximum les déchets est également une source d’emplois car cela nécessite une main d’œuvre abondante. La création d’un service d’intérêt public de l’environnement est appropriée.
Filière pêche : Le rapport a également évoqué le développement de la pêche.
Logement : Concernant le logement, une loi spécifique DOM est nécessaire pour la construction de logements sociaux. A la LBU doit s’ajouter un regroupement des collectivités en syndicat. Il faut également taxer la plus-value financière.
Déplacements : développer les transports en commun modernes et efficaces : réalisation du Tram-train de Saint-Joseph à Saint-Benoît.
Améliorer le réseau routier.
Dans les filières nouvelles, des milliers d’emplois sont possibles.
Développer les pôles d’excellence : antenne satellitaire et CHU (Centre Hospitalier Universitaire) où des milliers d’emplois sont possibles.
Fonction publique : les emplois doivent être réservés aux jeunes Réunionnais. Au nom du droit constitutionnel à l’expérimentation, ce moratoire est possible par une législation appropriée.
Deux grands services publics : Création de deux grands services : aide à la personne et l’environnement. La proposition est de globaliser tous ces crédits et de les affecter à la création de deux grands services d’utilité publique, dans l’environnement et l’aide à la personne.
Dans ces deux secteurs, les besoins sont énormes. La création de lieux d’accueil et d’encadrement dans la petite enfance, pour les personnes handicapées ou les personnes âgées est une source d’emplois.
Environnement : la richesse de la biodiversité est la contribution de La Réunion au patrimoine mondial. Elle doit être préservée et valorisée par des travailleurs. De plus, la collecte, le tri et la valorisation des déchets pourront permettre également la création de nombreux emplois.
Ces deux secteurs pourront employer 40.000 à 60.000 personnes, et pourront avoir droit à un plan de formation pour que leurs emplois soient pérennes.
Le développement durable relève de la responsabilité des Réunionnais
Les solutions existent. Il faut d’abord régler les problèmes des plus pauvres. Et élaborer le projet de La Réunion.
Il reste aujourd’hui encore des séquelles de l’esclavage, et ceux qui sont dans des situations difficiles sont la plupart du temps les descendants des victimes de l’esclavage, de l’engagisme et du colonialisme.
La réhabilitation, c’est l’objet de la MCUR (Maison des civilisations et de l’unité Réunionnaise).
Concernant la gouvernance, les outils actuels ne sont plus efficaces. Avec l’aggravation de la crise et l’Etat qui ne remplit pas sa fonction en renvoyant vers les collectivités la demande sociale. De même, le Conseil général qui doit avoir une vision départementale est composé de maire, d’adjoint au maire ou encore de conseillers municipaux. A partir de ce moment, le Conseil général n’assure plus sa fonction en ayant une vision globale sur l’ensemble du département.
Il faut donc bâtir le développement durable qui relève de la responsabilité des Réunionnais. Le développement durable doit être pensé et réalisé par les Réunionnais. Il y a aujourd’hui des avancées à conquérir dans le domaine de l’emploi, du logement, du pouvoir d’achat… Il faut porter le projet auprès de la population. Tout le monde reconnait que le 1er congrès du PCR a marqué les 50 dernières années. Le 6ème congrès doit marquer l’Histoire pendant des années. C’est le meilleur hommage que l’on pourrait rendre aux combats des fondateurs et au combat de Paul Vergès.
Risham Badroudine
Communiste réunionnais dans le monde du 21ème siècle
Après la déclamation d’un poème par Annie Darencourt, et le mot de bienvenue adressé par Jean-Yves Langenier qui présidait la première partie de ce Congrès, Elie Hoarau a commencé le rapport du secrétariat par un exposé sur la situation internationale.
Cette situation est totalement différente par rapport à celle qui existait voici 50 ans lors de la fondation du PCR. Elle est marquée par la conjonction de quatre facteurs : la croissance démographique, les changements climatiques, la mondialisation et la révolution technologique. La Réunion est concernée par ces trois facteurs.
Parallèlement à cela, l’effondrement du Mur de Berlin et l’émergence de nouvelles puissances comme l’Inde et la Chine ont mis fin à la bipolarisation du monde. La crise actuelle n’est pas la première du système capitaliste, rappelle Élie Hoarau. Ce système produit beaucoup d’injustices et il faut le dépasser, ajoute-t-il.
Le secrétaire général du PCR plaide pour un autre modèle de développement, dont les aspects réunionnais ont été développés dans la seconde partie du rapport.
Nous devons participer à ce mouvement, notamment par le dialogue des cultures, dont la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise sera un outil.
Dans ce contexte, « être communiste réunionnais, c’est militer pour faire du peuple réunionnais un peuple responsable, acteur de son développement, libre de son choix. Être communiste réunionnais, c’est être solidaire des plus démunis et des jeunes, c’est aussi lutter contre toutes les séquelles du colonialisme. Être communiste réunionnais, c’est rassembler dans le respect de tous ceux qui décident de travailler ensemble ». « Après l’ère des luttes pour la liberté, après l’ère de la liberté et de l’égalité s’ouvre enfin l’ère de la responsabilité », conclut Élie Hoarau.
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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