L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
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Un requin aperçu au large des Roches Noires
4 octobre 2011

La flamme rouge restera en vigueur sur les plages de l’Ouest, au moins jusqu’à la fin de la semaine. L’annonce a été faite, hier lundi 3 octobre 2011, par la mairie de Saint-Paul à l’issue d’une réunion entre les différents acteurs travaillant sur le risque requin. Ce lundi encore, un squale a été aperçu au large de la plage des Roches Noires. Si la municipalité se dit consciente des conséquences néfastes sur l’économie, « elle assure vouloir privilégier la sécurité publique », affirme Emmanuel Séraphin, adjoint à la mairie de Saint-Paul. Du côté des commerçants, la grogne ne fait que se renforcer.
Hier, un squale de 3 mètres 50 a été aperçu à 300 mètres de la plage des Roches Noires. Alors que la levée du drapeau rouge était annoncée aux alentours de 10 heures, la municipalité de Saint-Paul a préféré maintenir l’interdiction de baignade et de toutes activités nautiques en pleine mer.
À l’issue d’une réunion en fin d’après-midi hier lundi, Emmanuel Séraphin, adjoint à la mairie de Saint-Paul, a annoncé qu’« aucune date n’est avancée pour la levée de la flamme rouge ». « L’observation du squale a été effectuée par des MNS (maîtres nageurs sauveteurs) puis confirmée par le SDIS », précise l’adjoint. Il indique, par ailleurs, que le dispositif mis en place afin d’assurer la surveillance des zones de baignade de Boucan Canot et de Roches Noires est maintenu jusqu’en fin de semaine. Cette mesure vise « à rassurer les baigneurs tant que les moyens en mer, voire terrestres ne seront pas suffisants ». « Les plages seront rouvertes qu’avec un renforcement important du dispositif d’observation et que si nous avons la capacité d’assurer une surveillance permanente en eau », commente, pour sa part, Benoît Huber, directeur de cabinet du préfet.
Du côté des commerçants de Boucan Canot et des Roches Noires, cette décision de prolonger la flamme rouge risque de faire grincer des dents. Depuis plusieurs semaines, les professionnels dénoncent une baisse de leur chiffre d’affaires en raison des « mauvaises publicités » consécutives aux attaques de squales et « un manque d’actions des autorités compétentes ».
Commerces déserts, terrasses des restaurants ou snacks-bars vides ou pratiquement vides… Malgré le début des vacances scolaires, l’ambiance semblait plutôt morose à Boucan Canot hier après-midi. « Normalement à cette période, la rue et la plage sont noires de monde. Regardez là, il n’y a pas un chat », déplore Pierre, gérant du Petit Boucan. Si ce dernier affirme que « les restaurants s’en tirent un peu mieux par rapport aux snacks-bars », il n’hésite pas à montrer les 80 places vides de son restaurant. « Ca ne va pas bien du tout. Si la municipalité veut racheter nos commerces pour des rondavelles, nous les vendons sans problème », ironise-t-il.
À quelques mètres de là, Frédéric Marchica, gérant du snack-bar "Les Boucaniers" se montre lui aussi pessimiste. « On a perdu près de 70% de notre chiffre d’affaires », note-t-il. S’il affirme pouvoir « survivre avec les estivants », le commerçant craint le pire si cette situation devait perdurer, se voyant même dans l’obligation de licencier ses salariés au nombre de trois.
« Nous sommes conscients que l’aspect économique est un enjeu important mais nous n’allons pas sacrifier la sécurité publique pour du business », se défend, pour sa part, Emmanuel Séraphin. L’adjoint rappelle que « la municipalité fait tout dans la mesure du possible avec les moyens mis en place pour que cette situation ne perdure pas », car dit-il, « ce n’est pas en allant dans les invectives que les choses changeront ». L’adjoint fait allusion à une altercation produite quelques heures plus tôt avec un commerçant de Boucan Canot. « Personne n’ignore les enjeux économiques. Mais que dirait-on si on rouvre et qu’un accident se produit » complète Benoît Huber ? Ce dernier insiste sur le fait que le « risque est bien présent » et que « ce n’est pas parce que certains souffrent que l’interdiction en vigueur doit être levée ».
Un atelier pour discuter de la signalétique et du système de prévention à mettre en vigueur face au risque requins se tiendra ce mercredi 5 octobre. Le drapeau spécifique à l’alerte requins devrait alors être présenté.
www.ipreunion.com
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