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La casse de la fonction publique par des suppressions d’emploi
27 août 2010
Depuis deux ans, les effectifs dans la fonction publique se sont stabilisés, il s’agit là d’une première depuis 1980. Selon le rapport annuel de la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP), présenté au Conseil supérieur de la fonction publique d’État le 31 août, les trois fonctions publiques (État, territoriale et hospitalière) comptaient 5,27 millions d’agents fin 2008.
Les effectifs nationaux n’ont pas bougé, en raison de la politique de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, atténué par les embauches d’agents par les collectivités locales, ainsi que la suppression de 77.500 postes dans la fonction publique d’État, qui s’ajoutent aux 61.000, déjà supprimés en 2007.
Pour 2010, le gouvernement prévoit 34.000 suppressions de postes dans la fonction publique d’État. Selon le quotidien “Les Échos”, cité par l’Agence France Presse, « ce nombre n’a probablement pas dépassé 25.000 en 2009, certains agents reportant leur départ à la retraite, faute d’annuités suffisantes pour prétendre à un taux plein ».
Suppression d’emploi, et non-remplacement
Le rapport annuel de la fonction publique rappelle que 44.000 fonctionnaires d’État, en grande partie des ouvriers et techniciens des routes départementales, des lycées et collèges, ont été transférés en 2008 aux départements, via la « deuxième vague de décentralisation ».
Le gouvernement devrait entre 2007 et 2012, supprimer près de 400.000 postes dans la fonction publique d’état.
Le manque de fonctionnaire pourrait affecter le fonctionnement des collectivités, qui devront réduire leurs services, notamment le ramassage d’ordure, d’autres services pourraient au contraire faire l’objet d’une « re-centralisation » au profit de l’État. Luc Rouban, sociologue au CNRS, a indiqué à l’AFP, « l’aménagement du territoire est repris en main par l’État, via les plans de relance et la lutte contre la crise économique, c’est le point central de re-centralisation ».
Explosion du chômage à La Réunion
La situation très particulière de la fonction publique territoriale à La Réunion, notamment avec 70% de non titulaires, et la précarité de l’emploi. En effet, une majorité des agents perçoivent un salaire inférieur à 1,4 SMIC, d’autres travaillent à temps partiel ou à mi-temps et par conséquent vivent au dessous du seuil de pauvreté. D’autant plus que La Réunion réunit plus de fonctionnaires que l’État.
Cette précarité est l’une des raisons de l’appel du 29 août à Saint-André, lancé par l’Alliance des Réunionnais contre la pauvreté, un travailleur réunionnais sur trois est agent d’une des trois fonctions publiques. La suppression des postes devraient affecter de nombreux travailleurs, qui verront leur contrat prendre fin, faisant exploser le chômage, déjà très élevé dans l’île.
Céline Tabou
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