Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
25 octobre 2008

Cette sordide affaire de lait frelaté, auquel on a ajouté, pour vendre plus, un produit toxique utilisé dans la fabrication de matières plastiques, de colles et de résines synthétiques, vient compléter tragiquement la longue liste des dégâts incommensurables provoqués par le système capitaliste aux quatre coins du monde.
Cette fois, c’est en Chine, oui en Chine communiste capitalisée jusqu’à la moelle, qu’éclate aujourd’hui le scandale, étouffé pendant des années par les plus hautes autorités de l’Etat. Car enfin, personne ne peut croire un seul instant que dans ce pays fortement centralisé, elles n’étaient au courant de la mort étrange en 2004 de ces douze enfants qui avaient bu justement du lait maternisé, ni de ces innombrables plaintes adressées au géant laitier Sanlu et qui sont restées sans suite. Si le blackout a été maintenu jusqu’au bout, c’est pour ne pas effrayer l’opinion, au moins jusqu’à la fin des Jeux olympiques. Et il a fallu de nouvelles réactions, venues non seulement de Chine mais aussi d’autres pays, notamment de ceux qui importent de plus en plus les produits made in China, pour que l’affaire prenne à nouveau de l’ampleur. Et c’est désormais devenu un secret de polichinelle que la mélamine entre dans la composition d’une foule d’aliments les plus variés, depuis les biscuits, les bonbons, des boules de riz soufflé... jusque dans la nourriture des bovins, des porcs, des volailles, des chiens, des chats et même des poissons... On a fini par apprendre que lait trafiqué était coupé d’abord avec de l’eau afin d’en augmenter le volume, qu’on y mettait cette mélamine pour qu’il puisse passer sans encombre les tests sur la teneur en protéines. Voilà jusqu’où on est arrivé : « La motivation, nous dit sans détours Jorgen Schlundt du siège de l’Organisation mondiale de la santé à Genève, est évidemment de faire plus d’argent ».
Marx, irréductible à de simples catégories marxistes, comme interprète de la conscience humaine, cloue au pilori le capitalisme en raison du motif totalitaire qu’il entretient : le « calcul égoïste », la noyade des plus hauts sentiments, de toute l’éthique dans le « froid argent comptant », dans l’« impitoyable liberté du commerce ».
Encore si ce système était efficace. Même pas. Nous le voyons en ce moment sous nos yeux : il craque, il s’écroule, il se décompose !
Georges Benne et Jean Cardonnel
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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