Le miracle réunionnais ?

22 janvier 2007

En 1969, j’ai passé le concours national de professeur d’enseignement technique option électrotechnique. J’ai donc mis en place cette matière au L.E.P. de Saint-Louis. Nous commencions nos cours sur la base classique de l’enseignement de l’électricité. On parlait de la provenance de l’électricité dans l’île par hydroélectrique et thermite : l’usine Takamaka (St Benoît), l’usine de la rivière des Marsouins (St-Joseph), l’usine de la rivière de l’Est de St Rose, l’usine thermique (Le Port et St-Denis Bas - de - la Rivière). Déjà, à cette époque, il était question d’énergie nucléaire ! Et quatre ans plus tard, la crise pétrolière a obligé la France à produire de l’énergie nucléaire.
Depuis la nuit des temps, l’homme se posait la question sur l’énergie solaire. Comment le capter ? Nous-mêmes, comme enseignants, nous nous documentions sur ce phénomène. Nous arrivions à nous servir de l’énergie solaire au stade expérimental dans nos laboratoires. A la fin du 20ème siècle, compte tenu de l’élévation du prix du baril de pétrole, les recherches sur l’énergie solaire se sont accentuées. Le Conseil Régional de La Réunion a financé l’énergie photovoltaïque. C’est ainsi que le 27 décembre 2006, La Réunion a inauguré la dernière-née des centrales photovoltaïques au Port, les quotidiens et hebdomadaires de l’île ont relaté : « Inauguration de plus grande centrale solaire de France ».
... Après avoir passé quelques jours à La Réunion, le journaliste du journal “Le Monde”, Victor Roux-Golxen, a publié le 12 janvier 2007 (près de 400.000 exemplaires) un article élogieux sur la centrale photovoltaïque du Port. Il dit en substance : « Même si l’électricité produite sera loin de couvrir les besoins, elle représente une avancée dans le développement des énergies renouvelables de l’île depuis 2004. C’est à cette date que le Conseil Régional de La Réunion a lancé son Plan régional des énergies renouvelables et d’utilisation rationnelle de l’énergie dont le but est d’arriver à l’autosuffisance énergétique d’ici à 2025.
Car l’île est dépendante de ses importations en combustibles fossiles, en hausse régulière depuis 2000. En 2005, ces importations s’élevaient à plus de 1.000 kilotonnes équivalent-pétrole (ktep), contre 890 ktep en 2000. D’où la nécessité de miser sur les énergies renouvelables ».
Selon Jean-Claude Futhazar, de la direction de l’environnement et du territoire à la Région Réunion, « la part des énergies renouvelables dans la production électrique était de 40% en 2006 ». Un chiffre à comparer avec celui de la France métropolitaine : 12%.

L’objectif à atteindre par la Région c’est évidemment l’indépendance énergétique de La Réunion, mais Jean Claude Futhazar tient à me préciser qu’à l’heure actuelle l’eau restera le moyen de base pour produire de l’électricité... Toutefois on ne reconstruira pas d’autre centrale hydro-électrique.
Il poursuit : « L’île envisage d’atteindre les 100 MW. Pour cela, la région lance des appels à projets de 6 à 7 MW, la Réunion espère que la hausse des performances de la technologie photovoltaïque l’aidera à atteindre son objectif. »
L’électricité produite par la nouvelle centrale du Port à titre de recette annuelle fera rentrer dans ses caisses plus de 520.000 euros.
La centrale vend 0.40 centime d’euro le kilowatt à EDF et que celle-ci revend 0.17 centime d’euro à ses clients. La différence c’est l’État qui compense, par une caisse de solidarité.
Peut-être que les générations futures pourront dans quelques années, ranger définitivement dans l’histoire les centrales hydro-électriques et autres.
En tous les cas, c’est ce que je lui souhaite.

Marc Kichenapanaïdou
Professeur d’électrotechnique Emérite


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Messages

  • Et si..... Et si nous nous adaptions au rythme solaire...à cette période de l’année, il fait jour tôt...si nous avancions nos horloges de deux ou trois heures, nous gagnerions en économie d’énergie...


Témoignages - 82e année


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