Le PS, une défaite prévisible

10 mai 2007

Le résultat de l’élection présidentielle consacre une défaite prévisible et annoncée pour le Parti Socialiste. Nous y voyons le résultat d’une situation aberrante.
Alors que 55% de nos concitoyens, le 29 mai 2005, ont clairement indiqué leur volonté que soit mis un coup d’arrêt à la politique dictée par l’Union européenne.
Alors que 55% de nos concitoyens, une large majorité, ont exprimé leur aspiration à un renouvellement politique, à une politique de progrès social et de reconquête, rompant avec les diktats de Maastricht, et permettant ainsi d’ouvrir la voie à la renationalisation de l’industrie, à la reconquête de nos services publics, à la reconquête de la sécurité sociale.
Alors que 55% de nos concitoyens, le 29 mai 2005, en votant non à la Constitution européenne, ont dit leur attachement au modèle républicain, en particulier la place des 36.000 communes, des départements et la laïcité.
En dépit de cela, le Parti Socialiste a fait le choix d’une candidate et d’une orientation qui, totalement prisonnières du cadre de l’Union européenne, ont semblé en réalité, tout au long de la campagne, vouloir à tout prix coïncider avec le programme de son adversaire de droite. Il en a résulté la situation de ce 6 mai 2007.
Il est frappant de constater que l’enjeu de l’Union européenne, occulté par tous les candidats institutionnels durant la campagne, resurgit dès le soir de l’élection, le nouveau président de la République déclarant : « La France est de retour dans l’Europe ». Ce à quoi l’ex-président de la Commission européenne, Romano Prodi, répond dans un message de félicitations à Sarkozy, saluant « notre travail commun en Europe ».
Nul ne saurait sous-estimer les conséquences de la situation ainsi créée.
Il est certain que la situation est lourde de menaces et de dangers pour la démocratie.
Il est certain que des conquêtes aussi fondamentales que nos services publics, que les libertés publiques, que les régimes de retraite et de sécurité sociale, que l’existence des communes mais aussi l’indépendance des organisations syndicales vont se trouver, dans la toute prochaine période, menacés.
Le peuple français n’a pourtant pas dit son dernier mot. Il a su dire NON hier au Traité constitutionnel.
Il saura, nous en sommes certains, demain, trouver les moyens de dresser contre toutes les menaces un front uni des travailleurs, des démocrates, de leurs organisations (comme en ce moment même les travailleurs d’Airbus dressent la grève unie pour les revendications et contre le plan Power 8).
Mais il est certain qu’une période politique s’achève. L’heure est à la reconstruction.
L’heure n’est-elle pas venue de jeter les bases d’un authentique parti ouvrier, inscrivant sur son drapeau le combat pour le socialisme et la République, dans la tradition de la lutte séculaire du mouvement ouvrier et démocratique de notre pays ?
Puissent les prochaines semaines et les prochains mois voir se rassembler toutes les forces authentiquement attachées à l’idéal ouvrier, socialiste, républicain et, dans le respect de toutes les tendances et de tous les courants existant dans le mouvement ouvrier et démocratique, jeter les bases d’un authentique parti ouvrier fidèle à sa parole, fidèle au mandat du peuple et qui soit un instrument pour l’indispensable reconquête de nos droits, de nos garanties, de nos libertés, ce qui, répétons-le, exige de s’émanciper du carcan destructeur de l’Union européenne.

Zenzak


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus