Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Deux jeunes créateurs exposent à l’Hôtel de la Région du 3 au 21 mai
3 mai 2004

Parce qu’être artiste est un métier difficile qui mérite qu’on le soutienne et l’encourage, le Rotary Club organisait en juin dernier un concours de jeunes créateurs plasticiens. Parmi les quarante candidatures, les créations de l’artiste peintre Claire Gaboriau et du sculpteur sur bronze Richard Blancquart ont séduit le jury qui leur a décerné le Prix de la "Reconnaissance professionnelle" dans le domaine des arts plastiques. À la clé, une récompense financière révélée "conséquente" et l’opportunité de faire découvrir leurs œuvres à un large public au cœur même de l’Hôtel de la Région, à Saint-Denis.
Parce que le Rotary Club considère la pratique artistique au niveau professionnel comme un métier difficile, il lui a semblé opportun de venir en aide aux talentueux créateurs que recèle notre île. Les salles d’exposition faisant cruellement défaut, il ne fut pas simple de trouver un lieu public susceptible d’accueillir les œuvres des deux créateurs. Cependant, le Conseil régional a mis son hall à la disposition des créateurs, afin que ces deux artistes d’expérience puissent rendre accessibles leurs travaux, à la différence des galeries qui ont tendance à donner un aspect intime et confiné à l’art alors que la présente démarche, qui se dit "entre le mercantile et l’institutionnel", pourra communiquer l’art, le rendre accessible.
Ainsi, Claire Gaboriau verra pour la première fois ses 11 compositions à l’acrylique sur toile, de quatre mètres par quatre mètres, trouver toute leur dimension, leur multiplicité. Assemblage de quatre compositions rectangulaires en une seule toile, l’artiste peint de façon ludique, en constante mouvance autour de ses toiles posées à même le sol.
Richard Blancquart pourra offrir, quant à lui, la caresse soyeuse de ses 12 formes humaines de bronze, toutes baptisées, toutes chargées d’une émotion, enorgueillies par la noblesse de la matière, lestées de bronze.
Le Rotary Club, qui reproduira l’expérience tous les deux ans pour des raisons purement logistiques, estime que soutenir l’art plastique, c’est valoriser un métier, une action professionnelle. On réduit souvent l’artiste à l’image du fantasque, de l’original. Seulement sa maîtrise nécessite travail, imagination, pratique, talent. Il doit en vivre et faire la promotion de ses réalisations. C’est pourquoi, le Rotary considère que le monde professionnel peut les accompagner.
À tel point, qu’une autre idée a germé dans l’esprit des chefs d’entreprises : encourager le métier d’artiste au travers d’une fondation, basée sur le sponsoring, d’après la loi relative au mécénat. L’idée, pour l’instant au stade juridique, consiste à récolter des fonds auprès des entreprises pour acquérir des œuvres. Des œuvres réunionnaises mais plus largement de la zone océan Indien au sens large et toujours ciblé sur les créations professionnelles et non amateurs. Une initiative bénévole à souligner qui séduira certainement le monde de l’art plastique.
Estéfany
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