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27 novembre 2007
Une formule récurrente revient sans arrêt en ce moment : "nous sommes pris en otages".
Grève des transports en France, prise en otages des usagers.
Fermeture de la route du littoral, prise en otages des automobilistes, la viande va augmenter à La Réunion, prise en otages des consommateurs, le décret de réserve marine fixe une réglementation de pêche, prise en otages des pêcheurs...
Excusez-moi, mais ceux qui emploient le mot otage à tout bout de conversation savent-ils le sens exact de ce mot ?
Un otage est une personne que l’on arrête ou enlève et que l’on retient pour se garantir contre d’éventuelles représailles ou pour obtenir ce que l’on exige.
Ingrid Bétancourt est otage des FARC depuis plus de 4 années, prisonnière d’hommes armés dans la jungle, elle a été arrachée à sa famille, à son combat politique, à son environnement, personne ne sachant réellement si elle est toujours en vie. Des journalistes ont été pris en otages pendant de longs mois, dans un petit cachot, un bandeau sur les yeux avec des simulacres d’exécutions.
D’autres le sont encore et leurs proches vivent dans l’inquiétude permanente car l’absence est arbitraire et les ravisseurs jouent avec l’angoisse et la peur qu’ils provoquent.
Otages politiques pour faire pression sur un gouvernement et exiger des libérations de partisans ou otages retenus par des voyous pour obtenir une rançon.
Que doivent penser celles et ceux qui ont vécu ou vivent encore cette horreur "vie ou mort" en entendant rabâcher ce mot otage dès qu’un rouage de la vie quotidienne est déréglé ?
Marie-Hélène Berne
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