Les APE et nos jeunes

17 novembre 2007

De toutes les prises de position de Justice et Paix, depuis sa création en janvier 1999, je pense que la déclaration “Quel avenir pour La Réunion ?” est la plus importante. Nous nous étions endormis dans notre cocon insulaire. Puis nous avons découvert que nous ne pouvions pas nous couper de nos voisins de l’Océan Indien : Maurice, les Seychelles, Madagascar et les Comores. La Réunion est dans l’Europe parce qu’elle est Région française ultrapériphérique mais elle ne traite pas avec l’Europe. Nos voisins ne sont pas dans l’Europe mais traitent directement avec l’Europe. On ne peut pas éviter des Accords de Partenariat Economique entre l’Europe et nos voisins. Mais ces accords ne peuvent pas se faire au détriment de l’économie réunionnaise.
Trop longtemps nous avons été sous perfusion. La manne de la “mère patrie” a toujours été là pour nous aider. C’est normal d’être aidés. Est-ce que la manière d’utiliser les aides et les subventions n’a pas tué les initiatives ? Pendant trop d’années on est resté sur l’affrontement de deux camps diamétralement opposés, partisans de l’autonomie contre partisans de la départementalisation. La politique politicienne ne s’est pas suffisamment intéressée à l’économie. Notre économie doit s’ouvrir sans tuer ce qui existe déjà.
Les futurs accords APE - ACP nous poussent à sortir de la perfusion. Cela ne peut pas se faire n’importe comment. Personne ne peut trouver la réponse tout seul. La Commission “Justice et Paix” lance un appel aux responsables à sortir du décloisonnement. Le processus de prises de décision est incontournable. Le gouvernement français devrait pouvoir fédérer localement. L’opinion publique aussi doit se réveiller. Il nous faut créer l’ambition de notre développement en participant aussi au développement du marché régional. Ne nous voilons pas la face. La situation de nos jeunes est catastrophique. Il faut leur donner des moyens de réussir leur vie. Ne nous crispons pas. Il faut sortir de la langue de bois, des manipulations et de la main tendue comme des mendiants. Il peut y avoir là un sursaut pour une légitime fierté réunionnaise.

Marc Kichenapanaidou


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Témoignages - 82e année


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