Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Dans “Terre sauvage”...
8 février 2005

“Terre sauvage”, mensuel de la nature, dans son numéro de février 2005, présente un dossier sur La Réunion intitulé sans équivoque “l’île aux beautés fatales”.
(Page 5)
Dans “Terre sauvage” de ce mois, un dossier illustré de très jolies photos signées Alain Le Toquin met le doigt sur le danger que présentent des plantes exotiques pour la biodiversité réunionnaise. Selon l’auteure, Laure Caucheteux, "la biodiversité réunionnaise, riche et variée, est aujourd’hui menacée par une kyrielle de plantes exotiques, belles et dangereuses. L’homme à bien du mal à résister à ces ravageuses, qu’il a lui-même apportées et laissées proliférer".
Tout a commencé avec l’arrivée de l’humain. Et les premières victimes sont sans doute les tortues qui "pouvaient monter jusqu’à 2.000 mètres d’altitude" et les "33 espèces d’oiseaux terrestres qui régnaient sur l’île". Aujourd’hui, "on ne dénombre plus que 16 espèces d’oiseaux terrestres". Pire, "l’installation des hommes aura entraîné la disparition de plus des deux tiers de la faune des vertébrés terrestres et celle d’écosystèmes entiers".
Une catastrophe tempérée quelques lignes plus loin car, "grâce à son relief montagneux, La Réunion possède encore, surtout au-dessus de 500 mètres d’altitude, un patrimoine naturel indigène intact ou peu dégradé : elle a ainsi conservé près de 30% de sa forêt d’origine, soit 75.000 hectares dont 40.000 en forêt primaire". D’autre part, "avec 659 espèces indigènes d’angiospermes (plantes à fleurs), dont 33% endémiques strictes et 22% propres aux Mascareignes", La Réunion est "un site à valeur planétaire sur le plan patrimonial et scientifique" (...) Un bijou écologique qu’il faut s’atteler à préserver.
Mais gare aux "dessous des belles tueuses". Ces plantes de belle allure "répandent leurs charmes insidieusement partout" et "face à ces envahisseuses, les endémiques du paradis réunionnais sont sans défenses et en sursis". Et de dénoncer les ennemis publics N°1 que sont le bringellier marron, le raisin marron, le fuchsia, le troène de Ceylan, le longose, la liane-papillon, le tabac-bœuf, la marguerite folle, le tecoma, le goyavier, le galabert, la balsamine, l’arum, le tulipier du Gabon, la laitue d’eau ou l’herbe de la pampa. Des espèces invasives souvent introduites sans leurs ravageurs.
Et Christophe Lavergne, docteur ès sciences au Conservatoire de Mascarin, rappelle dans cet article que "La Réunion est actuellement classée parmi les dix îles possédant les espèces les plus menacées au monde". Cependant, pour l’auteure du dossier, "tout reste possible". Mais il faut pour cela "réglementer l’arrivée des plantes “exotiques” sur le territoire pour diminuer les risques d’homogénéisation, d’uniformisation des paysages de l’île et d’assèchement partiel des sols". Cependant, malgré la réglementation existante, l’introduction de plantes exotiques est actuellement estimée à plusieurs dizaines d’espèces par an. Selon Laure Caucheteux, "le mot d’ordre aujourd’hui, alors que les scientifiques continuent d’explorer la voie de la lutte biologique (très longue et très coûteuse), est la prévention".
Pour terminer son dossier sur une note optimiste, l’auteure affirme que "pour lutter contre la disparition progressive de la biodiversité végétale, l’île choisit le développement durable à travers la création d’un Parc national des Hauts de La Réunion". Elle y consacre trois pages affirmant, peut-être un peu optimiste pour le coup qu’il s’agit là, d’"une réalisation très attendue".
L.M.
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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