À 20 heures sur Tempo
22 mai 2006
Film américain de Vincente Minelli avec Lana Turner, Kirk Douglas, Walter Pidgeon, Dick Powell, Barry Sullivan, Gloria Grahame, Gilbert Roland, Leo G. Carroll, Vanessa Brown, Paul Stewart...
À Hollywood, le producteur oscarisé Harry Pebbel a convoqué dans son bureau la vedette Georgia Lorrison, le grand réalisateur Fred Amiel et l’écrivain et scénariste James Lee Bartlow, récemment couronné du prix Pulitzer. Il les sollicite pour aider le producteur Jonathan Shields, actuellement exilé à Paris, à remettre le pied à l’étrier. Mais chacun d’eux évoque des souvenirs amers à son encontre. Dix-huit ans plus tôt, juste après la mort du peu apprécié producteur Hugo Shields, son fils Jonathan devint réalisateur de séries B pour le compte de Pebbel. Fred Amiel se voit refuser la réalisation de son scénario au profit de ce nouveau venu. Fille perturbée et alcoolique de l’acteur défunt Lorrison, un ami des Shields, Georgia fut choisie par Jonathan pour un premier rôle, malgré la désapprobation de Pebbel. En dépit de la prévenance de Shields, Georgia s’enivra de nouveau la veille du début du tournage.
Ce soir sur Tempo, nous pourrons voir l’un des plus grands chefs-d’œuvre tournés à Hollywood, la Mecque du cinéma américain. "Les ensorcelés" c’est plus qu’un film, c’est le film où l’on peut plonger dans l’univers fascinant de ceux qui font le cinéma. Nous pourrons, grâce à Vincente Minnelli, voir s’ébattre des gens de cinéma dans leurs turpitudes, les voir affûter leurs couteaux et ressasser leurs rancœurs.
En plein Festival de Cannes, la diffusion de cette œuvre tombe à point, car regarder toutes ces vedettes monter le mythique escalier tout sourire, alors que la vie n’est pas forcément toute rose dans le 7ème Art, nous ramène inéluctablement vers "Les ensorcelés".
Bien des films ont été tournés sur l’univers des acteurs, mais jamais on n’a osé aller aussi loin dans l’analyse cruelle du monde du cinéma. Je pense que toute personne aimant un tant soit peu le cinéma se doit de voir ce film au moins une fois dans sa vie, rien que pour comprendre cet art de l’intérieur, ne serait-ce que pour la représentation des sentiments des producteurs, réalisateurs, acteurs, actrices ainsi que pour les interactions entre ces personnes, parfois cruelles, parfois intéressées, parfois drôles et parfois émouvantes. Je terminerai en disant que "Les ensorcelés", c’est le film des amoureux du cinéma.
PH. T.
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