Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
26 mai 2009, par

« On ne peut pas obliger les TPE-PME à donner ce qu’elles n’ont pas ». La CGPME Réunion n’adhère pas à l’accord signé entre le COSPAR et le Medef pour l’attribution de bonus exceptionnels aux salariés.
La Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises (CGPME) de La Réunion n’est pas prête à signer d’accord avec le COSPAR pour l’augmentation des salaires. Surtout pas en cette période de crise économique. Et surtout pas sous la forme établie entre le COSPAR et le Medef, soit le versement, pendant 3 ans, de bonus exceptionnels aux salariés rémunérés jusqu’à 2 SMIC. Pascal Thiaw-Kine, président de la CGPME Réunion, entouré de Jean-Louis Lecocq, secrétaire de la CGPME, de Bernard Picardo, président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat, et du Conseil d’administration de la CGPME Réunion, a affirmé que cet accord entre le COSPAR et le Medef n’est pas « équitable ». « Le poids de la solidarité est supporté par les TPE », souligne Pascal Thiaw-Kine, pour qui l’accord COSPAR-Medef est un accord politique et non économique. « Une décision irresponsable », pour reprendre les propos de Jean-Louis Lecocq. « La logique économique veut que les entreprises réduisent leurs charges pour passer la crise et ensuite capitaliser leurs résultats afin de disposer des fonds propres nécessaires à leur consolidation et leur développement ». Pour la CGPME, l’Etat est seul responsable du problème de pouvoir d’achat, car il n’a cessé d’augmenter les charges des entreprises : « L’Etat a favorisé le collectif, la protection sociale par rapport à l’individuel. A l’Etat de réagir et de réorienter sa politique ».
Contrat d’intéressement
Dans un contexte où les entreprises attendent encore un plan de relance de l’économie, l’attribution de bonus exceptionnels aux salariés serait pour la CGPME « une erreur grave qui pourrait précipiter les situations précaires ». « On ne peut pas obliger à donner ce que l’on a pas », ajoute Jean-Louis Lecocq, d’autant plus que l’accord est fixé pour une période de 3 ans. « Pour la CGPME, il est hors de question que les 50 euros deviennent pérennes, et que l’on s’achemine vers un SMIC DOM ».
L’accord COSPAR-Medef prévoit enfin un calendrier pour les accords de branches et l’application des conventions collectives à La Réunion. Refus là encore de la CGPME. « Tant que la crise n’est pas finie, la CGPME ne participera pas au dialogue social », a déclaré Jean-Louis Lecocq.
La CGPME Réunion maintient donc sa proposition de contrat d’intéressement pour les TPE-PME dès 2010, et la mise en place dès le mois de juillet d’une prime exceptionnelle de 20 euros mensuels pendant 6 mois pour chaque salarié.
EP
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