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Observatoire des prix et des revenus
8 septembre 2007
Les syndicats sont déçus. Ils ont laissé à l’OPR le temps de s’installer, mais rien n’est venu. L’Observatoire n’a toujours pas les moyens de fonctionner, l’Etat ne semble de toute façon pas disposé à l’aider. L’intersyndicale attend depuis 3 mois le décret modificatif qui lui attribuerait 6 sièges et non plus 3 au sein de l’OPR. Si rien ne bouge, les syndicats menacent de boycotter la première séance plénière.

L’intersyndicale est ferme. La première séance plénière de l’Observatoire des prix et des revenus se déroulera sans elle si elle n’obtient pas les 3 sièges supplémentaires promis. (photo EP)

« Coquille vide », « gadget », un moyen d’« amuser la galerie ». L’Observatoire des Prix et des Revenus (OPR) ne soulève pas l’enthousiasme auprès de l’intersyndicale CFTC, CGTR, FO, UIR, CFDT, UNSA, FSU, et US Solidaires. Les syndicats alertent le pouvoir politique : en l’état actuel, l’OPR ne peut que « mourir de sa belle mort ». L’État n’attend de toute façon pas les résultats des groupes de travail de l’OPR pour avancer sur les dossiers et ne lui accorde aucun moyen de fonctionnement. Dans de telles conditions, les syndicats menacent de ne pas siéger à la prochaine séance plénière de l’OPR, en novembre. Les 3 sièges supplémentaires, que le préfet leur avait promis lors de la réunion d’installation de l’OPR (FO, UNSA, CFTC sont suppléants de la CGTR, la CFDT et la CGC), n’ont toujours pas été validés par un décret modificatif. L’intersyndicale est ferme. La première séance plénière de l’OPR se déroulera sans elle, si le décret n’est pas établi dans un délai raisonnable.
Absence de moyens et indifférence du gouvernement
Mais hors de question pour les syndicats de lâcher prise. Si cet Observatoire fonctionne, malgré des conditions difficiles, « c’est grâce à l’intersyndicale ». Jean-Claude Bénard, Président de la Commission sur l’aérien et le maritime, assure qu’il rendra tant bien que mal un rapport en novembre. « C’est comme si Jean-Claude Bénard dirigeait tout seul un groupe de travail sur la formation des prix », explique-t-il.
À l’exception de la salle de réunion mise à disposition par la Préfecture, les moyens sont dérisoires. « Il n’y a pas de convocation officielle. Si je veux par exemple recevoir un privé au sein du groupe, qui va le payer pendant qu’il s’absente de son travail ? ». À la charge du groupe de dénicher aussi des documents d’appui (rapport du CESR, mémoire d’étudiant). « Pourtant, l’aérien est le sujet le plus médiatique en ce moment », souligne Jean-Claude Bénard. Rien n’est fait pour faciliter le travail des groupes, alors que le gouvernement avance de son côté, en concertation avec les compagnies aériennes. Comme sur d’autres points : casse du service public, attaque des régimes spéciaux de retraite, remise en cause de la continuité territoriale...
Pas de place pour le dialogue social
La façon de faire du gouvernement révèle un certain mépris pour les syndicats. Lors de sa visite, la Ministre de l’Outre-mer, Michèle Aillot-Marie, n’a pas jugé nécessaire de rencontrer les syndicats. Idem pour la rencontre concernant les Zones Franches Globales par Activités le 11 septembre. Christian Estrosi n’a invité que les syndicats patronaux. Les salariés ne sont-ils pas des acteurs économiques ? Le gouvernement continue à ne laisser aucune place au dialogue social, alors que le combat mené actuellement porte sur les salaires. « Les salaires décents au centre du débat », allusion aux grèves qui se succèdent. L’OPR, qui peine déjà à étudier la formation des prix, n’a pas encore abordé la question des revenus. Y arrivera-t-il ? Qu’en est-il aussi du pouvoir d’achat ? L’intersyndicale a une crainte : que cet Observatoire finisse par s’autodétruire, comme en 1997.
Edith Poulbassia
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