Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
5 juillet 2007

Ouf ! le Bac est dans la poche. Les futurs étudiants s’inscrivent dans les grandes écoles, les classes préparatoires ou à l’université. Si s’inscrire ne demande pas d’efforts notables, que dire de la question du logement étudiant ?
C’est dit, la question du logement à La Réunion est devenue une problématique incontournable de ce millénaire, d’autant que nous allons à grands pas vers le million d’habitants. Les étudiants n’échappent pas à la règle. Comme tout le monde, il faut “galérer” pour trouver un nid décent, et accessoirement, assez confortable ; et dans leur cas précis, au moins quatre murs solides pour pouvoir étudier “dans de bonnes conditions”.
Combien de chambres sont encore à la disposition des étudiants réunionnais au CROUS ? Le CROUS offre à peu près 800 chambres, dans ses 4 résidences. L’Université accueille plus de 10.000 étudiants. C’est dire la pénurie en logement universitaire, décent. Les plus chanceux gagnent forcément en qualité de vie puisque le prix du logement est relativement bas, qu’ils se trouvent à proximité de leur Faculté, etc...
Les moins chanceux, eux, doivent surtout se méfier des annonces alléchantes et bien prendre le soin de visiter plusieurs logements avant de se fixer. Le CROUS propose même une liste de particuliers qui reçoivent des étudiants à prix dit « honorable ». D’autres propriétaires n’hésitent cependant pas à aligner des prix monumentaux comme par exemple un studio de 15 mètres carrés pour la bagatelle de 400 euros, charges non comprises. C’est sûr qu’avec une maigre bourse, et même avec des petits boulots par ici par là, l’étudiant ne s’en sort pas. Oui, l’Allocation logement soutient quelque peu le budget d’un étudiant. Il n’empêche qu’il importe de trouver - et vite - une solution pérenne pour que les étudiants se logent.
Dure réalité ...
Vite déboutés de leur demande de logement universitaire, les étudiants n’ont pas trente-six solutions. Ils se tournent vers les particuliers, honnêtes ou malhonnêtes. Chambre meublée à partir de 300 euros, studio à compter de 450 euros, c’est encore élevé pour bon nombre d’étudiants. Certains se tournent vers des parents proches qui peuvent les accueillir, au moins pendant 1 an. D’autres préfèrent co-louer une maison ou un appartement. C’est un bon plan qui, parfois, vire au drame, comme vous faire virer sans état d’âme à cause d’une mésentente ou de conflits divers. Bref, quelle galère que de vouloir se loger quand on est étudiant ! Alors que certains sociologues parlent d’une paupérisation évidente de la population estudiantine française, il suffit de croiser quelques étudiants pour appréhender leur réalité. « Je m’inscris en L2 d’Histoire. Et je dois avouer que la première démarche que j’ai entreprise, c’était de m’assurer un logement. J’habite Saint-Joseph. S’il faut que je fasse le trajet tous les jours, je peux mettre une croix sur mon année. Depuis mon entrée à l’université, je suis chez un particulier, faute de place à la cité CROUS. C’est dommage parce que j’aurais sûrement fait des économies sur le loyer, sur l’essence, sur les repas du soir aussi, puisque le Restaurant Universitaire est à proximité de ma Faculté. Je paie ma petite chambre 470 euros par mois et ne perçois que 79 euros d’Allocation logement. Je ne suis pas boursier et mes parents ne peuvent pas m’aider. C’est ça ma réalité, ce qui ne m’empêche pas de persévérer dans mon cursus. Je me dis que lorsque je serai prof d’Histoire, les choses seront bien différentes. J’ai encore trois années à me serrer la ceinture », explique J.B, 21 ans. Et de poser la question : « À quand la construction de nouvelles résidences universitaires ? ».
Willy Técher
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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