25 août 2010
Par deux fois hier devant les caméras de télévision, le secrétaire d’État à la Fonction publique a expliqué que des mesures allaient pleinement s’appliquer sans tenir compte de nos spécificités.
Le plan de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux à la suite de départs à la retraite concernera pleinement La Réunion. La réforme des retraites sera également appliquée telle quelle car d’après le secrétaire d’État, le problème du rapport entre les actifs et les retraités est de même nature à La Réunion qu’en France.
La spécificité de La Réunion est pourtant reconnue par l’Europe, ce qui permet à notre île une adaptation des politiques européennes. Cette reconnaissance se base sur des réalités que chacun peut constater aujourd’hui. Plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, plus de 135.000 Réunionnais sont demandeurs d’emploi, 35% de la population a moins de 25 ans et un Réunionnais sur cinq souffre de l’illettrisme. L’État reconnaît d’ailleurs cette spécificité dans la fonction publique gérée par le gouvernement, puisqu’il verse un supplément de salaire à ses agents pour qu’ils aient les moyens d’acheter la vie chère.
À La Réunion, la fonction publique n’a pas grand-chose à voir avec ce qui a cours en France. Un quart des agents de la fonction publique territoriale sont titulaires, et pour les trois quarts restants, aucun gouvernement n’a voulu financer le coût de la vie chère pour rendre possible cette titularisation. Aucune collectivité en France n’est confrontée à pareille situation.
Est-ce à dire que Georges Tron n’a pas bien relu ses classiques avant de venir dans notre île ? À moins qu’il pense qu’il faille refuser aux Réunionnais tout traitement spécifique de leurs problèmes ?
M.M.
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