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Esclavage et maloya au Barachois
28 décembre 2009
A l’initiative de la municipalité de Saint-Denis, la sculpture descend dans la rue ou plus exactement sur le site du Barachois. Jusqu’au 4 janvier 2010, on peut y voir les œuvres monumentales de Marco Ah-Kiem autour du maloya et de la célébration de l’abolition de l’esclavage.
L’artiste a sculpté avec réalisme dans le basalte des statues, grandeur nature. Le maloya y est largement représenté. Les maloyèr (hommes femmes et enfants) au roulèr, au kayanm, au pikèr, au bob sont là. Il ne leur manque que la parole… ou plutôt la musique. Mais il suffit juste de fermer les yeux, de se laisser porter et l’imagination fait le reste.
Même si le maloya a aussi été l’expression de la douleur dans les camps, la partie de l’exposition consacrée à l’esclavage est encore plus douloureuse, plus violente forcément. Les chaînes, les fers, la main coupée du résistant marron, le code noir, le carcan, l’enfermement… donnent à penser –n’en déplaise aux révisionnistes de tout poil– que l’esclavage à La Réunion a été violent. L’arrachement à son pays, à sa culture, à sa famille –mais aussi la négation de la dignité humaine-, étant bien sûr la pire des violences.
Et au milieu de l’exposition, cette pensée signée de Marco Ah-Kiem : « Pourtant quelqu’un m’a dit… que les Hommes naissent libres et égaux en droit ».
Une exposition à aller voir en famille. L’art dans la rue, c’est aussi une liberté puisqu’il n’y a plus de portes à pousser pour entrer dans un musée ou une salle d’exposition. Et gageons que ce genre d’initiative pourrait briser, chez certains, la timidité à entrer dans un lieu de culture.
YVDE
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