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Il avait révélé au monde l’existence de l’arsenal nucléaire israélien
5 juillet 2007
Un tribunal israélien a ordonné lundi que Mordechai Vanunu, ingénieur-technicien de l’industrie nucléaire, retourne en prison six mois de plus, pour ne pas s’être plié à une décision restreignant ses contacts avec des étrangers. Il a déjà passé 18 ans en détention pour avoir révélé au monde l’existence du programme nucléaire israélien. Son jugement s’était déroulé à huis clos.
Au mois d’avril, un tribunal de Jérusalem avait estimé que Mordechai Vanunu avait enfreint à 14 reprises ces restrictions en ayant des contacts avec des étrangers par le biais d’Internet et de déplacements en Cisjordanie. Lundi, le tribunal l’a condamné à six mois d’emprisonnement et à six autres mois avec sursis. Dans l’interview qu’il a donnée au Réseau Voltaire, le pacifiste israélien déclare notamment que « C’est parce qu’Israël détient la bombe atomique qu’il peut pratiquer sans crainte l’apartheid ». Il a déclaré aussi à Silvia Cattori : « Étant sous le contrôle des inspecteurs de l’AIEA, l’Iran ne représente aucun danger. Les experts occidentaux savent parfaitement quelle est la nature du programme nucléaire iranien. Contrairement à Israël, qui ne laisse personne accéder à ses installations nucléaires. » [...] « Nous n’avons rien à reprocher à l’Iran : avant de faire quoi que ce soit contre un quelconque autre pays, il faut s’occuper du cas israélien. Si quelqu’un veut s’en prendre à l’Iran, il doit, préalablement, s’en prendre à Israël ».
Mordechaï Vanunu était en poste au centre de Dimona lorsqu’il révéla en 1986 au "Sunday Times", l’existence du programme nucléaire militaire israélien. Il a été enlevé en Italie par le Mossad (il venait de contacter des journalistes britanniques), a été jugé à huis clos et emprisonné pendant 18 ans. À sa sortie de prison, le 21 avril 2004, il est resté sous surveillance, assigné à résidence et étroitement surveillé dans le monastère anglican de Saint Georges, à Jérusalem, interdit de contact avec la presse et avec les étrangers. Ces faits ont plus de 20 ans, mais les autorités israéliennes craignent toujours de voir relancer la polémique sur l’arsenal israélien, constitué à l’époque en collaboration étroite avec le régime d’apartheid sud-africain. Mordechaï Vanunu continue aussi de déranger parce qu’il dénonce le fait qu’Israël n’a pas signé le traité de non-prolifération nucléaire. C’est ce que ne cesse de dénoncer sur place l’organisation Free Middle East from Nuclear Weapons (Libérez le Moyen-Orient des armes nucléaires), dont Mordechaï Vanunu fait partie.
P. David (avec Réseau Voltaire, La Tribune)
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