Mortel engrenage

13 octobre 2008

Le « mal qui répand la terreur » n’a pas été « inventé » cette fois par le Ciel comme dans la célèbre fable de La Fontaine, mais bel et bien par des hommes. Qu’il vienne de Chine, oui de la Chine communiste, nous paraîtrait à peine croyable si le pays, nous le savons depuis longtemps, n’était pas capitalisé jusqu’à la moelle.
Ses effets sont connus : atteintes au rein pour de milliers de victimes et la mort pour plusieurs d’entre elles. Comme ce fut le cas en 2004 où une douzaine d’enfants ont été mystérieusement intoxiqués par du lait maternisé sans qu’apparemment, les autorités aient réagi. Mais peu à peu, devant l’ampleur du désastre, les protestations s’élèvent de toutes parts, des pays qui importent le lait et d’autres produits made in China. Le monde horrifié découvre qu’on a ajouté au lait une substance toxique utilisée dans la fabrication de matières plastiques, de colles et de résines synthétiques. La motivation ne fait ici aucun doute : il s’agit « de faire évidemment plus d’argent », nous dit Jorgen Schlundt au siège de l’Organisation mondiale de la santé. Pour augmenter la quantité de lait, on commence par le couper avec de l’eau et pour sauver les apparences et permettre au mélange de passer le test de teneur en protéines, on y met de la mélamine, qui entre également dans la composition d’une quantité d’aliments depuis les biscuits, les bonbons, les boules de riz soufflé... jusqu’à la nourriture des bovins, des porcs, des chiens, des chats, des poissons...
Qu’on soit arrivé à étouffer le scandale pendant des années, au moins jusqu’à la fin des Jeux olympiques, dans un pays aussi fortement centralisé, voilà qui dépasse les limites de notre imagination ! Mais c’est méconnaître la logique implacable du Tout marché qui, pour le profit, est capable de commettre le crime contre l’humanité, et cela, dès la naissance.
Marx, irréductible à de simples catégories marxistes, comme interprète de la conscience humaine, cloue au pilori le capitalisme en raison du motif totalitaire qu’il entretient : le « calcul égoïste », la noyade des plus hauts sentiments, de toute la morale dans le « froid argent comptant », par l’« impitoyable liberté du commerce ».
Encore si ce système était efficace. Même pas. Nous le voyons en ce moment sous nos yeux : il craque, il s’écroule, il se décompose à l’infini... entraînant malheureusement dans sa chute des millions et des millions d’êtres humains !

Georges Benne et Jean Cardonnel


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Témoignages - 82e année


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