Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Fête de la musique (fin)
25 juin 2007

La Fête de la Musique s’achevait hier sur un air de salegy. Sur le Barachois, ils étaient nombreux à participer aux festivités de la Fête nationale malgache. Espérons que cela trouvera un écho encore plus favorable pour Elabakabar, une autre façon de célébrer l’indépendance malgache.
Les rues de Saint-Denis grouillaient d’artistes en herbe, ou d’autres d’un cru plus relevé. L’incontournable Bernadette Ladauge, Fred Espel et son violon bleu, entre autres, ont donné de leur cœur pour cette fête, invitant par la même de parfaits amateurs à venir taquiner la chansonnette, sur fond de souvenir sixties, façon La Réunion, cela s’entend.
Séga, maloya, hip-hop, slam, rock, blues, jazz, tous les styles se donnaient rendez-vous, et notamment sur la rue de Paris, parcourue à pied par le député-maire de Saint-Denis. Il est vrai que la musique adoucit les mœurs. Allez hop ! une main serrée par ici, un duo de trompettistes salué par là, le député-maire se montre mélomane et sait parfaitement regarder les photographes, tout en écoutant les artistes qu’il rencontre. « Oté monsieur le maire », chante Frédéric Joron. Les Réunionnais connaissent la complainte. Du Jardin de l’Etat au Barachois, dans les cafés piano et les restaurants sympas de Saint-Denis, les Dionysiens ont envahi le chef-lieu. Avec leurs instruments...
Pour un partage interculturel
« C’est un grand moment pour moi », déclare un jeune batteur. Attention, il joue avec les plus grands musiciens réunionnais, les “tontons” du répertoire réunionnais, et sans grand étalage, parcourt une partition rôdée, allant d’hier à aujourd’hui. Une troupe de percussionnistes descend vers le Barachois et croise des graffeurs, dont Jace, qui dessine aux portes du Musée Léon Dierx. Une chorale, avec pour seul instrument la voix nue, revisite les airs bien connus. Alain Péters, Maxime Laope, etc..., c’est aussi l’occasion de rendre hommage aux anciens, et ceux qui, malheureusement, ont tiré leur révérence. D’autres viennent de découvrir notre île et posent à peine leurs bagages. « Moi, je ne manque jamais une Fête de la Musique, et vous savez pourquoi ? c’est mon anniversaire aujourd’hui, et je suis né en 1982. C’était donc inévitable que je fasse de la musique. Je joue du violon, de la contrebasse, de la guitare et de l’accordéon. C’est ma première Fête de la Musique à La Réunion », m’explique Nicolas. Il s’installe sur un coin de la rue de Saint-Denis et gratte ses cordes, entonne du Brassens, du Ferré et quelques compositions livrées en occitan. Chouette ! C’est ça la Fête de la Musique : le partage, la rencontre interculturelle. Et c’est le cas de le dire.
Séga Salegy ...
Les Malgaches de La Réunion en sont convaincus. Par la musique, on peut faire se renouer les liens culturels entre La Réunion et Madagascar. La Grande Île croule sous le poids des préjugés, alors que bon nombre de Réunionnais, pour ne pas dire la population réunionnaise, sont d’origine malgache. « Nou vien fêt la muzik, pèrsone té voi kisa i lé kréol, ki lé pa kréol. Soman, nana touzour inn po fé remark aou ou lé pa kréol, ou lé malgash. Moin la pa ont sat mi lé. Moin lé bien intégré ; mon madam lé kréol. Mi danss séga, mi roul salegy. Po moin, sé mèm lanbianss », me lance, non sans ironie, Joseph. Peut-être est-ce le temps d’un accord majeur ? Mardi soir, au Théâtre du Grand Marché, Elabakabar donnera également le ton, sur fond de Kabary. Et musique por favor !
Bbj
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