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Situation dans l’Outre-mer : une tribune libre de Lilian Malet — 1 —
26 février 2009
Le délégué général de l’Association des communes et collectivités de l’Outre-mer (ACCD’OM) a fait parvenir une tribune libre dont nous reproduisons ci-après la première partie.
La situation actuelle en Outre-mer interpelle, à juste titre, nombre de nos concitoyens.
Cette crise était annoncée et prévisible. Parti en octobre dernier de La Réunion, contrairement à ce que disent plusieurs médias, le mouvement a eu un premier écho en Guyane, puis en Guadeloupe et en Martinique. Celui-ci, en Guadeloupe, s’est enraciné dans la durée grâce à une meilleure structuration et exacerbé par des situations locales. Depuis plusieurs semaines, les évènements s’enchaînent et les réactions sont nombreuses, mettant en évidence un aspect de l’opinion publique dans l’hexagone, ici à La Réunion comme ailleurs en Outre-mer.
C’est ainsi que ces évènements ont permis à nombre de nos compatriotes de l’hexagone de découvrir la réalité de nos départements et de mettre à bas certains clichés négatifs et faux, trop souvent entretenus par ceux qui en pâtissent les premiers, c’est-à-dire nous-mêmes. La découverte de la structure des prix, la découverte des problèmes sociaux de chômage et de logement, la découverte d’un mal-vivre enraciné au plus profond de nos cœurs d’Ultramarins français.
« Français à part entière ? »
Mais sommes-nous des Français à part entière ? Je suis Européen lorsque je prends l’avion de Paris pour Budapest ou Rome ou Barcelone. Aucun contrôle d’identité. Je ne suis même plus Français lorsque je prends l’avion de Paris vers Saint-Denis ou Fort-de-France ou Pointe-à-Pitre. Je dois subir deux contrôles d’identité, souvent plus poussé en fonction du faciès présenté, l’un au départ et l’autre à l’arrivée, comme lorsqu’on se rend dans un pays étranger. Et oui, nous ne faisons pas partie de l’espace Schengen et, de ce fait, les produits également, venant d’Europe, sont soumis à taxation. Qui crie face à cette disparité vécue comme une injustice ? On s’en accommode et on finit par trouver cela normal.
Non, la vie en Outre-mer, ce n’est pas ne pas travailler pour toucher le RMI, se bronzer, plages et cocotiers et gros salaires pour tous.
Si nous avons des records au niveau des érémistes, c’est bien que la situation est catastrophique. Nos érémistes et nos chômeurs n’ont pas fait un choix délibéré. Nos économies, qui ont accumulé au fil des années de départementalisation des retards, ne permettent pas de donner du travail à tous. S’il n’y avait pas la politique de mobilité mise en œuvre par le département, la situation serait pire que ce qu’elle est. Alors entendre un Réunionnais en métropole dire qu’il a quitté La Réunion parce que les Réunionnais sont paresseux… ça me laisse pantois !
Qui peut contester que les prix, donc le coût de la vie, sont plus élevés en Outre-mer par rapport à la métropole ? Qui peut contester que le SMIC soit le même (bravo l’égalité) ? Sauf à être un privilégié aveugle ici, on ne peut que légitimer les luttes et les attentes de nos Français d’Outre-mer.
(à suivre)
Lilian Malet- Délégué Général de l’ACCD’OM
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