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Point de vue
19 décembre 2011
2011 marque le 163ème anniversaire de l’Abolition de l’esclavage à La Réunion.
A la veille du 20 Décembre, j’ai néanmoins le désagréable sentiment que cette période, inhumaine et condamnable, continue de trouver des prolongements alarmants, comme si, même révolue, elle restait inscrite dans les rythmes longs de l’Histoire du monde.
Premièrement : Au lieu de la promotion d’une croissance économique viable et durable : la pauvreté, la famine, les guerres… sont, au contraire, le triste lot quotidien d’un milliard d’êtres humains.
M’est d’avis que cette barbarie organisée s’identifie sur bien des points à ce que vécurent celles et ceux qui, victimes de la Compagnie des Indes Orientales, ont été réduits à l’état d’esclaves.
Deuxièmement : Ceux qui se proclament être les maîtres du monde ont pour noms : « les marchés financiers ». Spéculation, emprunts toxiques, créances, remboursement du capital en sont les dogmes.
Hypnotisés par ces nouveaux prophètes, les gouvernements s’ingénuent, en fin de compte, à réduire leurs populations en esclaves, au moyen, cette fois, de la dette.
Troisièmement : Un sentiment d’insécurité domine toutes les couches de la société. Cela a pour corollaire la peur et l’inquiétude qui se manifestent de différentes manières.
Cet état psychologique est entretenu volontairement pour maintenir les populations dans un état de servage. Or, dans le même temps, les spéculateurs ne cessent d’accumuler des profits.
Pourtant, les textes officiels ont reconnu l’esclavage « crime contre l’humanité ».
N’y aurait-il pas là une récidive ?
Yvan Dejean
Membre du secrétariat du PCR
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