Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Un bateau se fracasse sur des rochers à Mayotte : plusieurs morts
24 juillet 2008

Les habitants de l’archipel continuent à payer les conséquences d’une crise née en 1975 et amplifiée par l’instauration par la France d’un visa restreignant drastiquement la liberté de circuler entre les îles de l’Union des Comores et Mayotte. Un nouveau drame a eu lieu hier.
Au moins six personnes sont décédées et plusieurs autres portées disparues après le naufrage d’un bateau de clandestins qui tentaient de débarquer sur l’île française de Mayotte, a annoncé à l’AFP la directrice de cabinet de la préfecture Florence Bezard.
« Selon les premières indications, l’embarcation, venue des Comores, transportait 26 ou 30 personnes. Le bilan provisoire est de six survivants, six personnes décédées, et les recherches se poursuivent », a précisé Mme Bezard dans un entretien téléphonique avec l’AFP.
Une fois de plus, c’est la population qui paie le prix d’une crise commencée en 1975, lors du refus par l’Etat de reconnaître le résultat du référendum d’autodétermination des Comores. L’aventure comorienne d’un gouvernement français a abouti à une déstabilisation durable de l’archipel, et à la création d’une différence significative de niveau de vie entre Mayotte et les trois autres îles de l’archipel.
Vingt ans plus tard, l’instauration par la France d’un visa pour voyager vers Mayotte depuis les trois autres îles de l’archipel est à l’origine de nombreux morts. Chaque année, la liste s’allonge dans ce qui est devenu l’un des bras de mer les plus meurtriers du monde.
En août 2007, 34 personnes avaient ainsi disparues entre Anjouan et Mayotte. Presque un an plus tard, rien n’a changé. C’est toujours un mur qui sépare Mayotte du reste de l’archipel.
Or, avec l’accroissement démographique, les migrations sont un phénomène qui est amené à s’amplifier. Ce qui se passe en ce moment aux Canaries ou dans le détroit de Gibraltar n’est qu’un début. Et malheureusement, notre région est également concernée par ce genre de drame.
Voilà les conséquences d’une décision politique prise voici plus de trente ans.
Manuel Marchal
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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