Débrayage des personnels du lycée Moulin Joli à La Possession

« On en a ras-le-bol ! »

5 mars 2008

A peine 1 mois après l’éviction de plusieurs agents de service du lycée Moulin Joli de La Possession, le ras-le-bol du personnel restant, qui a dû compenser l’absence de leurs anciens collègues, se fait sentir. Surchargés de travail, ils ont donc débrayé hier midi pendant une heure afin d’exprimer leur mécontentement sur cette situation de crise sociale qui concerne un grand nombre d’établissements dans l’île.

Le personnel du lycée (à droite, Arnold Julenon).
(photo RP)

Arnold Julenon, délégué SGPEN-CGTR du lycée, nous explique les raisons de ce débrayage symbolique d’une heure devant l’entrée du lycée : « Nous protestons contre le surcroît de travail que subissent les employés suite au non-renouvellement de 6 postes d’agents de service. Le personnel est à bout. Nous souhaitons sensibiliser les pouvoirs publics sur cette situation ». En effet, le lycée Moulin Joli, comme un grand nombre d’établissements de l’île, subit directement les effets de cette carence en effectif. Les 6 postes de 25 heures, soit un total hebdomadaire de 150 heures, ont été répartis sur seulement 4 stagiaires depuis la rentrée. Et le Conseil général n’envisage pas de recrutement dans l’immédiat, du moins jusqu’au mois d’avril. « Ça fait environ 5 semaines qu’on travaille comme ça. Le personnel est fatigué physiquement. On en a ras-le-bol ! », poursuit le délégué syndical. Il nous indique par ailleurs que ce mouvement avait été lancé dans un esprit de solidarité. Solidarité de nombreux syndicats mais également d’enseignants qui étaient parmi les manifestants ce hier matin.

« C’est leur avenir qui se joue ! »

Valérie Daran, professeur de français, nous témoigne sa solidarité : « Les employés travaillent deux fois plus et le travail est bien fait. Mais ils sont épuisés. On voit qu’ils en ont marre ! ». Puis, elle rajoute : « Vous savez, on en discute entre enseignants et on trouve ça scandaleux ! Certains étaient là depuis longtemps. On ne prend pas en compte le côté humain ! C’est leur avenir qui se joue ! ». Cette enseignante de La Possession se sent particulièrement sensibilisée à cette situation puisque elle-même va devoir changer d’établissement suite à une suppression de poste en français dans le lycée. Comme c’est la dernière arrivée, c’est elle qui doit partir. « Je suis restée 8 ans dans un collège pour avoir suffisamment de points pour rentrer dans ce lycée. Comme j’ai eu la mutation, j’ai consommé tous mes points et je dois partir. Je suis victime d’un système qui ne va pas bien ! ».

« Comment vont être assurées les conditions sanitaires »

Françoise Lepoan, professeur d’histoire-géographie, profite quant à elle de la mobilisation pour amener ces élèves de Seconde Sciences Économiques et Sociales aux portes de la manifestation dans le cadre du programme éducatif intitulé “Citoyenneté et transformation du monde du travail”. Elle revient sur les raisons de sa démarche : « Je soutiens tout à fait le mouvement dans la mesure où nous avions jusqu’au 31 janvier 11 personnes pour l’entretien et le fonctionnement de l’établissement. Cinq ont été licenciées, il ne reste que 6 personnes pour tout faire. Et en ce qui concerne plus précisément l’entretien des espaces verts, la seule personne qui s’occupait de ça a également été remerciée. Enfin, il ne reste plus que 2 personnes à l’intendance au lieu de 3. Cette dernière ne sera pas renouvelée, et en plus, elle était handicapée ! », déplore l’enseignante. Elle conclut ainsi : « Du coup, pour faire le boulot, ils font des heures supplémentaires qui ne seront pas payées. Je ne sais pas comment vont être assurées les conditions sanitaires à la longue ».

Dans ce contexte de crise sociale qui touche de nombreux secteurs, la CGTR a lancé un appel à la grève générale pour ce jeudi 6 mars.

Rebecca Pleignet

Luttes pour l’emploi

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