L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Manifestation contre le Contrat de première embauche (CPE)
29 mars 2006

3.000 personnes, selon les syndicats, (1.500 selon la police) ont manifesté hier à Saint-Denis pour réclamer le retrait du CPE (Contrat première embauche). Pour la première fois, une centaine de lycéens et d’étudiants ont participé à la manifestation. ’On ne laissera pas le gouvernement nous traiter comme des moins que rien’, a affirmé le porte-parole des étudiants.
Ils étaient 1.500 à s’être mobilisés le 16 mars dernier à l’appel des syndicats, "aujourd’hui nous sommes au moins le double et la mobilisation va encore monter en puissance", commente Ivan Hoareau, secrétaire général de la CGTR. Son organisation syndicale, comme la CFDT, la CFTC, l’UNSA, FO, la FSU et le SAIPER, a appelé à la manifestation contre le contrat de première embauche (CPE). Cette fois les lycéens et les étudiants se sont joints à la manifestation. "C’est le grand réveil des étudiants" se félicite d’ailleurs Jean-Marc Gamarus de la CGTR. "On est moins nombreux que prévu et l’on s’en excuse, mais il est certain que l’on ne se laissera pas le gouvernement nous traiter comme des chiens", note Yvan Técher, étudiant en histoire et porte-parole du collectif pour l’information et la vie étudiante. "Le CPE, c’est l’esclavage. Au bout de 2 ans, le patron peut nous mettre dehors sans aucune explication", ajoute-t-il. Les pancartes brandies par les jeunes manifestantes sont tout aussi explicites : "le CPE, on en veut pas", "Vil Pin démission", "CPE : retrait et rien d’autre"... les slogans sont multiples.
Mobilisation dans la durée
Derrière les plus jeunes, les syndicalistes du privé et de la fonction publique, des représentants d’associations et de structures caritatives comme la Boutique solidarité de la Fondation Abbé Pierre, sont là pour dire eux aussi "non à la précarité".
Le cortège mettra plus d’une heure pour effectuer le trajet entre le Jardin de l’État et la Préfecture. Sur place, comme à l’accoutumée, un cordon de police attendait la manifestation. Comme à l’accoutumée également, une brève tension s’est produite entre les policiers et les manifestants. Les esprits se sont rapidement calmés.
Les représentants des lycéens, des étudiants et des syndicats ont pris la parole à tour de rôle pour dire tout le mal qu’ils pensent du CPE et pour réclamer son "retrait sans condition". Ils n’ont pas demandé à être reçus en Préfecture, "cela ne sert à rien. Ce n’est pas le préfet qui va régler le problème", explique un syndicaliste. La manifestation s’est donc terminée en fin de matinée. L’Intersyndicale, les étudiants et les lycéens ont promis de redescendre dans la rue "autant de fois qu’il faudra" pour obtenir satisfaction.
Zot la di
o Ivan Hoareau (CGTR) : "le gouvernement prend en otage les jeunes et la France"
Ivan Hoareau n’a pas tenu un long discours hier matin au-devant des grilles de la préfecture. Il se réjouit de la mobilisation des jeunes réunionnais. "Ils s’intéressent fortement à leur destin", précise-t-il. "En matière de responsabilité, nous n’avons pas de leçon à recevoir de la part de Dominique de Villepin et de Nicolas Sarkozy", affirme-t-il. Avec ce CPE, "le gouvernement prend en otage les jeunes et la France", conclut-t-il.
o Jean-Marc Gamarus (CGTR) : "Le seul but du gouvernement est de faciliter le licenciement"
Jean-Marc Gamarus, depuis de nombreuses années, défend les intérêts des travailleurs précaires. Hier, des jeunes en fin de manifestation sont venus le remercier pour cette action. Touché, il les a encouragés à continuer et à s’investir pour la défense des intérêts des travailleurs réunionnais. Jean-Marc Gamarus par sa présence tenait "à accompagner la jeunesse réunionnaise qui se sent actuellement incomprise et sacrifiée. Le gouvernement ne leur offre aucune perspective. Au lieu de leur proposer, un plan de professionnalisation, il leur impose un dispositif voulu par le MEDEF dont le seul but est de faciliter le licenciement".
o Hubert Boyer (CGTR) : le CPE "favorise les employeurs au détriment de l’employé"
Pour Hubert Boyer, le secrétaire général CGTR de la Fédération transport et voyageur et marchandise, le CPE s’oppose "aux articles de lois du Code du travail. Il favorise les employeurs au détriment de l’employé".
o Max Banon (CGTR) : "Nous ne pouvons pas livrer nos enfants aux appétits des capitalistes"
"Nous ne pouvons pas livrer nos enfants aux appétits des capitalistes. Chaque année, 9.000 jeunes sortent de l’Université de La Réunion. 70% d’entre eux se retrouvent au chômage", constate-t-il amèrement. "Cette manifestation d’aujourd’hui est symbole d’espoir", finit-t-il.
o Éric Marguerite (FO) : "Cette unité des syndicats doit rester impérativement solide"
"Nous devons rester unis et unanimes pour le retrait du CPE", insiste Éric Marguerite qui a participé à la manifestation anti-CPE jeudi dernier à Paris. Pour lui, "cette unité des syndicats doit rester impérativement solide. Elle est symbole d’espoir pour notre jeunesse".
o Christian Picard (FSU) : "On se dirige vers une grève générale"
"Nous sommes aujourd’hui à un point de non-retour. Par son attitude, Dominique de Villepin a poussé les syndicats dans leur dernier retranchement. Aujourd’hui aussi, les élèves et leurs parents manifestent. Ils demandent la démission du Premier ministre et de son gouvernement", explique Christian Picard. Selon lui, "on se dirige vers une grève générale".
o Yonel Leduc (FSU) : "Nous ne pouvons pas accepter ce contrat pour un emploi jetable"
o Jean-Claude Bénard (Us-Solidaires) : "Dominique de Villepin a pourri la situation"
"Dominique de Villepin a pourri la situation. Son gouvernement est incapable de régler les problèmes. Il faut retirer immédiatement le CPE", explique Jean-Claude Bénard d’Us-Solidaires.
o Didier Debals (SAIPER) : "Continuer les actions pour le retrait du CPE"
Didier Debals se réjouit du nombre de manifestants et tout particulièrement, de la présence des jeunes. Il préconise "de continuer les actions pour le retrait du CPE". Il appelle "les personnes à s’unir pour offrir à la jeunesse réunionnaise de meilleures perspectives pour leur avenir".
o Jean-Marie Pothin (CFTC) : "I fo pa largué, done a li mèm"
"I fo pa largué, done a li mèm", martèle Jean-Marie Pothin de la CFTC. "Le CPE nous est imposé sans aucune phase de concertation. Il est projet du MEDEF", dénonce-t-il.
o Armand Hoarau (UNSA) : "Le CPE est égal au mépris et à l’exploitation"
Pour Armand Hoarau, "le CPE est égal au mépris et à l’exploitation". Il compare le jeune en CPE à micro-ordinateur acheté par une entreprise. "Au bout d’une période plus où moins longue selon les modèles, le micro-ordinateur est remplacé", remarque-t-il. Pour lui, "le seul contrat valable est le CDI". Aujourd’hui, Il observe par ailleurs "les avancées de la fracture sociale".
o Yannick Payet (UNEF) : "Dominique de Villepin continue à s’entêter"
"Si Dominique de Villepin continue à s’entêter, nous, les jeunes étudiants réunionnais, nous continuerons à nous mobiliser jusqu’au retrait du CPE", expose Yannick Payet de l’UNEF. Tout au long de cette semaine, les membres de son organisation continueront à informer les lycéens et les étudiants sur les clauses de ce contrat.
o Yvan Técher, porte-parole des lycéens et des étudiants : "Nous ne nous laisserons pas traiter comme des chiens"
"Nous ne nous laisserons pas traiter comme des chiens, des esclaves, des moins que rien", lance Yvan Técher aux manifestants réunis devant la préfecture à Saint-Denis. Après des années d’études - licence, master, doctorat -, "le gouvernement nous propose un CPE", remarque-t-il, "cette mesure ne correspond pas à nos attentes".
o Émilie, lycéenne : "le CPE n’offre aucune garantie aux jeunes"
Émilie, pour cette année scolaire, prépare le baccalauréat. Elle entend continuer ses études pour exercer la profession d’assistante de direction. Après des années de sacrifices, elle désire obtenir un salaire décent afin de construire au mieux sa vie professionnelle et familiale. Le CPE est selon elle, "un projet néfaste. Il n’offre aucune garantie aux jeunes".
o Guillaume, lycéen : "Au prix de la précarité, il veut faire baisser le chômage"
"Nous avons marre de ce gouvernement. Il tape sur la jeunesse. Au prix de la précarité, il veut faire baisser le chômage", observe Guillaume du Lycée Sarda Garriga de Saint-André. Face à cette attitude, "nou lé la pou lontan", termine-t-il.
o Sudel Fuma, universitaire : "Dénoncer le travail de sape de l’économie sociale entrepris par ce gouvernement"
L’historien et maître de conférence à l’Université de La Réunion, Sudel Fuma se réjouit de la présence d’un grand nombre de lycéens et d’étudiants. Il adhère à ce mouvement populaire pour "dénoncer le travail de sape de l’économie sociale entrepris par ce gouvernement", depuis leur arrivée aux commandes de la nation.
o Huguette Bello : "On est en train de trier les jeunes pour les jeter dans la précarité"
Pour Huguette Bello, députée et présidente de l’UFR, "on est en train de trier les jeunes pour les jeter dans la précarité. Le CPE est synonyme de discrimination négative. Le texte de ce projet est passé de manière antidémocratique. Ce gouvernement poursuit un processus de ghettoïsation des jeunes et des moins jeunes. Il divise la société avec d’un côté les riches et de l’autre les moins riches".
o Éric Delorme (PSR) : "l’employé est corvéable à merci"
"Le gouvernement emploie une méthode inacceptable en utilisant le 49.3. Le CPE entraîne la précarisation de l’emploi des jeunes. Avec le licenciement du salarié à tout moment sans cause réelle, l’employé est corvéable à merci", remarque Éric Delorme, le secrétaire général du PSR.
o Fabrice et Jerry : "Le coût de la vie augmente d’année en année. Mais notre salaire ne varie pas"
Fabrice et Jerry sont emplois verts au sein d’une association à Saint-Paul. Ils s’occupent en ce moment de la démoustication des quartiers de cette ville. Ils s’inquiètent pour leur avenir. En effet, "le coût de la vie augmente d’année en année. Mais, notre salaire ne varie pas", notent-t-ils. Ils soutiendront cette protestation contre le CPE jusqu’au bout.
o MARON : "Le gouvernement Villepin “sabre au clair” entend faire payer aux travailleurs leur “mauvais” vote du 29 mai"
Les membres du Mouvement pour une alternative réunionnaise à l’ordre néo-libéral (MARON) profitaient de cette protestation pour diffuser un tract contre le CPE. Selon eux "pour la première fois depuis le référendum européen du 29 mai 2005, l’espoir change de camp : les mobilisations de la jeunesse étudiante et lycéenne qui ne cessent de se développer malgré manœuvres et répression, montrent une étonnante détermination à stopper l’offensive libérale (...). Le gouvernement Villepin “sabre au clair” entend faire payer aux travailleurs leur "mauvais" vote du 29 mai : au lieu d’entendre l’exaspération des victimes du libéralisme, il passe en force, veut faire accepter l’inacceptable. Il escomptait que la punition, la purge libérale brise toute capacité de résistance et qu’ainsi une voie royale s’ouvre pour la droite à la Présidentielle".
o Maryse Dache du Comité des chômeurs et des mal logés du Port : "Le gouvernement reste sourd aux aspirations de la rue"
Pour Maryse Dache, la présidente du Comité des chômeurs et des mal logés du Port, "le gouvernement reste sourd aux aspirations de la rue. Elle a dit non au CPE. Il ne l’entend pas. Il joue la carte de la précarité. Ce nouveau contrat n’offre aucune perspective à la jeunesse et en particulier à celle de La Réunion".
o Benoît Barre (FCPE) du Tampon : "À part le CDI, tous les autres contrats créent la précarité"
o Julie Boyer du Collectif emploi en danger du Conseil général : "Le contrat emploi jeunes doit leur servir d’exemple"
Une nouvelle fois, Julie Boyer accompagnait le cortège des manifestants. La précarité, elle sait ce que c’est. "Depuis des années, les gouvernements proposent aux jeunes des mesures ponctuelles. Ils maintiennent et entretiennent ainsi les jeunes dans la précarité. Le contrat emploi jeunes doit leur servir d’exemple", relève-t-elle.
Jean-Fabrice Nativel
Le SGPEN-CGTR se réjouit du succès de la mobilisation
"Force est de constater que, ni les perturbations très importantes du réseau routier, ni l’épidémie de chikungunya n’auront eu raison de la détermination des salariés et de la jeunesse (...). Au gouvernement Villepin-Sarkozy qui joue le pourrissement du conflit en multipliant à cet effet les manœuvres dilatoires, il est nécessaire d’opposer une résistance des plus acharnée. (...)
La lutte engagée contre le CPE nous renvoie inévitablement à la question de la précarité dans les services de l’Éducation nationale. Ainsi, dans notre académie, près d’un emploi TOS sur 3 est un emploi précaire. Combattre pour le retrait pur et simple du CPE, contre la précarité, n’aurait aucun sens si en même temps, nous ne passons pas à la vitesse supérieure pour obtenir l’arrêt du recours à la précarité dans nos services et la transformation des emplois précaires existants en emplois statutaires."
FSU : "Tous unis contre le CPE"
La FSU, sous la signature de Christian Picard, a publié hier un communiqué dans lequel "elle se réjouit de la forte mobilisation des Réunionnais ce mardi 28 mars 2006 pour obtenir le retrait du Contrat première embauche".
La FSU salue également "la très large unité de toutes les organisations syndicales de salariés aux côtés des étudiants et lycéens ; cette unité sans faille dans l’action est et demeure la condition impérative d’une réussite." Le syndicat indique enfin qu’il restera mobilisé et appelle de ses vœux "d’autres actions unitaires" tant que leurs revendications "ne seront pas entendues".
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Mi koné pa kossa zot i panss kan zot lé an parmi. Mi oi bien zot i rogard lé z ‘inn épi lé zot. Mi oi bien tazantan sa i di azot kékshoz. Tète-la (…)
In kozman pou la rout
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