Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Enquête sur la disparition d’Aafifoudine
7 mai 2010, par

Les conditions du décès d’Aafifoudine Aboudou, lycéen de 20 ans retrouvé mort demeurent encore troubles. D’ores et déjà, les conditions de l’enquête font apparaître des travers inacceptables dans le comportement des forces de l’ordre.
C’est grâce à la solidarité populaire que la dépouille du jeune homme a pu être retrouvée dimanche dernier. Si les proches de la victime et les citoyens ne nient pas l’appui apporté par les gendarmes de La Possession au cours des recherches, l’attitude de ces derniers fait apparaître de sérieux manquements au respect dû aux citoyens. Sans s’annoncer, sans autorisation, les gendarmes ont pénétré dans le domicile des parents du jeune homme. Pour eux, la cause était entendue : le jeune homme avait « fugué ». Premier dysfonctionnement : c’est de la bouche des gendarmes que parents et proches ont appris la disparition du jeune homme. Pourtant, celle-ci a eu lieu au cours d’une épreuve comptant dans le temps scolaire : les parents n’auraient-ils pas dû être prévenus en même temps que les gendarmes ?
Dysfonctionnement…
Appréciation erronée de la situation par les forces de l’ordre, préjugé envers certaines classes de citoyens ? Ce qui est certain, c’est que sans aucun élément rationnel, sans le moindre commencement de preuve, les gendarmes ont fait le choix délibéré du soupçon envers le jeune homme et sa famille. À cette posture s’est ajoutée une pénétration de domicile. Enfin, la visite s’est terminée par un avertissement à la tonalité menaçante : convaincus plus que jamais — on ne sait pourquoi — que les parents du lycéen « couvraient » une fugue, les militaires ont tenté de dissuader ces derniers d’avoir recours à un hélicoptère pour les recherches.
…et préjugés
Un ensemble d’attitudes qui révèle une fois encore un problème profond de notre société : celui du traitement par la suspicion, par le mépris et l’indifférence des Réunionnais qui appartiennent au peuple. Serait-on entré sans façons et sans autorisation dans un domicile situé dans un quartier bourgeois ? Fait-on tant d’histoires pour envoyer un hélicoptère rechercher un touriste pour une cheville foulée à Marla ? Jusqu’à quand les Réunionnais « d’en bas » devront-ils supporter d’être traités comme des citoyens de seconde zone ? Jusqu’à quand les victimes seront-elles traitées comme des suspects, ou comme des coupables ?
Geoffroy Géraud-Legros
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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Messages
7 mai 2010, 10:57
La France d’en-bas, c’est la France d’en-bas, en métropole comme à la Réunion : pas de différence, pas de "complexe créole". Rappelle-toi, en Corse : un coq en plastique jeté dans la piscine de M. Clavier, on mute le préfet ; l’appartement d’une fonctionnaire de police entièrement brûlé, on lui dit qu’elle "avait quu’à faire un peu attention" comme dans la chanson. Toi ou moi, les salariés de Total à Dunkerque (c’est chez moi) ou ceux de l’ARAST, on n’est intéressant qu’au moment de la feuille d’impôts. Alors, des gens qui n’en paient pas... - Au fait, si je te tutoie, camarade Geoffroy, c’est que je t’ai connu marmaille, je suis la maman d’un de tes copains de lycée. Salut à toi et à la Réunion.