Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
29 décembre 2009, par

Depuis de nombreux mois, presque à chacune de ses conférences de presse sur les graves menaces qui pèsent sur l’avenir des Réunionnais, Paul Vergès tire la sonnette d’alarme sur les effets négatifs de la mondialisation au détriment de notre agriculture. En particulier sur le fait que d’ici 4 ans, la fin du règlement sucrier européen risque d’entraîner la disparition des 31 euros de subvention par tonne de canne, sur les 70 euros par tonne payés actuellement au planteur.
La réalité et la gravité de cette menace viennent d’être confirmées par l’accord signé le 14 décembre dernier entre l’Union européenne et un grand nombre de pays d’Amérique Latine et d’Asie, diminuant fortement les taxes sur les bananes importées de ces pays par l’Europe. Or cette diminution de la protection dont bénéficient actuellement les producteurs de bananes dans les Antilles françaises mettra gravement en danger leur production et donc leurs revenus.
Face à cette loi du marché et de la libre concurrence, qui a pour but d’augmenter au maximum les profits des plus riches, la seule solution pour permettre aux acteurs de la filière canne ou banane de s’en sortir est l’union afin de sauver l’essentiel. À La Réunion, planteurs de canne et usiniers sont-ils unis devant l’incertitude de l’échéance 2014… ?
Deux exemples, parmi d’autres, semblent indiquer que la priorité dans la filière est plutôt la concurrence et la rivalité plutôt que l’union et la solidarité. Il n’y a qu’à voir ce qui s’est passé entre les responsables de l’usine de Bois-Rouge et les planteurs lors de la récente panne de cette centrale, ou bien analyser le fait que des usiniers "péi" délocalisent en Tanzanie sans y associer les planteurs réunionnais…
Face à cette mondialisation qui ne fait que renforcer les inégalités, comment vont réagir les acteurs de la filière canne-sucre à La Réunion ? Vont-ils suivre l’exemple de leurs collègues mauriciens, qui cherchent ensemble des solutions pour s’adapter aux effets de la fin du règlement sucrier européen dans l’Île Sœur ?
Dans ce domaine, comme dans tous les secteurs de la vie économique et sociale, si l’intérêt commun est sacrifié, le pire peut arriver. Au nom de l’intérêt supérieur de La Réunion et des Réunionnais, peut-on imaginer planteurs et usiniers, tous main dans la main ?
L. B.
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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